Dossier

Un été de (re)découvertes

Article écrit par Edward Sanger

Enfin, c’est l’été. On recommence à sortir et à profiter de la chaleur. Pour tous, c’est l’occasion de siroter un cocktail sur les terrasses et de revoir nos drags sur une scène.

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Avec l’année inhabituelle que nous avons eue, nous avons mérité de profiter de la saison estivale. Bien que nous n’ayons pas pu fêter en grande pompe la Fierté et les activités qui y sont reliées, nous nous sommes serrés les coudes pour garder le sourire et planifier des événements alternatifs.

Certes, la pandémie aura mis sur pause certaines activités de nos drag-queens. En revanche, cela leur a offert, en grande majorité, une autre forme de visibilité sur le internet. On peut penser à Karine O’Kay qui a apprivoisé la plateforme Tik Tok ou Démone LaStrange avec les résultats de ces nombreuses séances photos en drag ou en personnage de cosplay sur Instagram.

Nous avons également pu assister à une prolifération multiplateforme de l’art du drag grâce à plusieurs acteurs, comme la montée fulgurante de Rita Baga à la suite de son passage remarqué à Big Brother Célébrités. De plus, nous apprenions cette semaine qu’elle venait de frapper un grand coup alors qu’elle sera de la une de l’édition estivale du magazine Elle Québec en kiosque le jeudi 17 juin prochain. Cela témoigne de son parcours, de ses exploits et de ses motivations. D’ailleurs, on pourra également y retrouver une rubrique historique sur l’histoire de l’art du drag au Québec sur une période de 100 ans.

Il y a également Kiara qui a participé au vidéoclip Cake de Priyanka, en compagnie de d’autres membres de la première saison de Canada’s Drag Race, Matante Alex qui a lancé plusieurs nouvelles chansons ces derniers mois, dont sa plus récente Amis de verre pour laquelle le vidéoclip est disponible depuis peu, Sally-D avec ses aventures en compagnie d’invités telles que Paulette Paillette et Lulu Shade ou encore, Wendy Warhol et la progression de sa carrière à Puerto Vallarta.

Cet été, il est temps de se remettre en piste et de profiter de la chaleur pour (re)voir nos artistes et découvrir toutes les nouveautés qu’ils nous réservent.

Du virage virtuel au déconfinement, la période estivale s’annonce grandiose avec plusieurs activités, des shows époustouflants, de la variété pour tous les goûts et le retour tant attendu de Fierté.

Des nouveautés à profusion

Cet été, la règle d’or est de s’amuser. C’est aussi l’occasion de connaître de nouveaux artistes ou encore, pour ceux qui ne sont pas familier avec la culture du drag, de plonger la tête la première pour en apprendre plus sur elle. Voici quelques suggestions pour passer une bonne période estivale en excellente compagnie.

Tout d’abord, l’édition de Fierté de cette année se déroulera dans une formule hybride. Surveillez les réseaux sociaux ou fiertemtl.com pour connaître tous les détails de la programmation, des artistes, des coprésidents d’honneurs et des activités. Pour le moment, tout ce que nous savons, c’est que le nouveau méga-spectacle de drag-queens sera animé par Barbada et Uma Gahd. Avec un peu de chance, on retrouvera sûrement plusieurs activités classiques comme les journées communautaires, les artistes de rues, des kiosques historiques et éducatifs, des spectacles dans les parcs Émilie Gamelin et Des Faubourgs et, bien évidemment, le défilé.   

Comme les spectacles reprennent du service, si vous voyez l’artiste Abby Long à l’affiche d’un show quelque part, dépêchez-vous de prendre un billet. Je vous donne ma parole, vous allez être charmé par cette virtuose du piano, du ukulélé et de sa voix angélique.

Pour ceux qui préfère regarder des séries entre amis, du côté télévisuel, nous avons un programme chargé avec la diffusion de Rupaul’s Drag Race Down Under (version australienne et Drag Race España.Nous attendons également avec impatience, dans un futur proche, la deuxième saison de Canada’s Drag Race et Rupaul’s Drag Race All Stars 6.

De plus, Barbada arrive avec la nouveauté d’OutTV Call me mother aux côtés de Peppermint (Rupaul’s Drag Race saison 9) et Crystal (Rupaul’s Drag Race UK saison 1) à titre de juge. En septembre, ce sera également l’occasion de revoir Rita Baga sera sur nos écrans dans l’émission Qui sait Chanter ? où elle côtoiera la chanteuse Roxanne Bruneau ainsi que l’animateur et humoriste Phil Roy.

Pour finir, l’été ne peut pas être complété sans être allé, ou faire un retour, dans nos chers bars pour y acclamer et applaudir nos drags.

Le Cabaret Mado, Le Cocktail, Le Drague, L’Ôtre Zone, ce ne sont que quelques-uns de ces lieux mythiques où la magie de la transformation et des changements de costumes s’opèrent.

Plusieurs événements arrivent très bientôt dans les bars pour que l’été soit des plus festif. Du côté du Cabaret Mado, la réouverture se fera en compagnie de la reine des nuits de Montréal, Mado Lamotte, avec son spectacle Libérée, Délivrée avant le retour des spectacles du week-end qui reprendront dès le lendemain. Du côté du bar Le Cocktail, il recommence avec sa légendaire animatrice Michel Dorian qui soulignera les retrouvailles avec son public dans le cadre d’un spectacle spécial qu’elle coanimera avec Miss Butterfly le jeudi 17 juin prochain. Outre cela, ce sera le retour de toutes les soirées classiques qui font les beaux jours de l’établissement. Nouveauté toutefois avec Le Dimanche Show qui accueillera Nana comme animatrice en alternance avec Michel Dorion une semaine sur deux. Pour sa part, le bar l’Ôtre Zone accueillera deux nouvelles animatrices d’une soirée au cours de l’été, Rawxy et Carmen Sutra.

Également, fort de son succès, le Cabaret mado présentera en rappel, tous les lundis de juillet, le spectacle Hosanna, œuvre phare de Michel Tremblay, produit par Jean-François Quesnel de ENSEMBLE Compagnie théâtrale LGBTQ+ et mettant en vedette Tracy Trash et Jacob Lévesque, respectivement dans les rôles d’Hosanna et de Cuirette.

Finalement, Jimmy Moore vous réserve une série de spectacles de personnifications, de Michael Jackson à Céline Dion, dans plusieurs salles du Québec. Restez à l’affut.

En bref, un été qui risque de s’annoncer chaud et amusant. On ne risque pas de s’ennuyer.

À vous tous

Bien que nous voyions bientôt la lumière au bout du tunnel, des remerciements sont de mise.

Parfois ou sans le savoir, nous ne connaissons pas la personne derrière le personnage.

Parmi elles, on peut retrouver des gens du domaine médical qui ont affronté en première ligne le virus.

Des professeurs qui n’ont pas cesser de transmettre leur passion à la prochaine génération.

Des étudiants qui ont dû faire des efforts inimaginables pour décrocher leur diplôme.

Des parents qui sont restés forts pour leurs petits.

À vous tous, on a su rester soudés ensemble pour passer à travers cette situation. On a su tendre la main quand la dépression, le chagrin et la colère touchaient nos proches pour ensuite leur infuser de l’amour et de la tendresse, pour pouvoir redonner de la joie et un sourire sur le visage.

Nous avons montré notre créativité au travers un écran pour éviter que l’art du drag se fane. Pour ensuite ressorti grandi avec des connaissances supplémentaires, pour montrer notre progression.

Nous avons su nous redonner espoir et courage pour enfin se retrouver tous ensemble.

À tous, je vous souhaite un été rempli de souvenirs uniques et magiques.   

Article écrit par Edward Sanger Enfin, c’est l’été. On recommence à sortir et à profiter de la chaleur. Pour tous, c’est l’occasion de siroter un cocktail sur les terrasses et de revoir nos drags sur une scène. Uma Gahd Photo par Edward SangerVelma Jones Photo par Edward SangerMado Lamotte Photo par Edward SangerBarbada Photo par Edward… Lire la suite Un été de (re)découvertes

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En direct de l’univers de Rita Baga

L’après Canada’s drag race de Rita Baga aura été plus que significatif pour elle. En effet, depuis la finale de l’émission, relayée au mois de septembre dernier sur Crave, elle a joui de magnifiques opportunités. Il ne faut toutefois pas se leurrer, celles-ci ne lui ont pas été offertes sur un plateau d’argent. En effet, sa gérante, Christine Blais, travaille d’arrache-pied afin que l’alter ego de Jean-François puisse vivre de son art à temps plein. Il faut rappeler que ce dernier a pris la décision audacieuse de quitter ses fonctions à titre de directeur de la programmation chez Fierté Montréal. Il fallait que la suite des choses augure bien.

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Jusqu’à maintenant, on peut dire que les choses vont de bon train pour elle. En effet, Rita Baga occupe une place de choix dans l’univers artistique et médiatique québécois. Considérant que les drag-queens de chez nous n’ont généralement pas ce genre de tribunes comme leurs consœurs aux États-Unis, il est plus qu’appréciable de constater où Rita Baga est maintenant rendue et toutes ces portes qu’on lui ouvre et toutes celles qu’elle défonce.

Au-delà du fait d’avoir remis le prix d’Olivier de l’année dans le cadre du dernier gala Les Olivier, de ses collaborations à Bonsoir bonsoir et de ses multiples apparitions télévisuelles à heures de grande écoute, ce qu’on retient surtout de Rita, c’est sa grande humanité et le respect qu’elle accorde aux gens qui l’accompagnent et auprès de qui elle collabore depuis déjà bien longtemps.

Quand j’ai vu Rita Baga descendre l’escalier qui surplombe la scène du prestigieux plateau d’En direct de l’univers, je n’y voyais pas que la reine de Montréal, j’y voyais aussi un look signé Oubert Poe. Même scénario lorsque Rita Baga a eu la chance d’animer les coulisses de Big brother célébrités à l’occasion de la dernière quotidienne de la saison, j’y voyais une création signée Peach. Ces deux occasions, et tant d’autres, toujours accompagnées d’une coiffe magnifiée par le talentueux Martin Alarie. Les opportunités furent nombreuses afin de faire briller leurs savoir-faire et Rita se fait un devoir de les mettre en lumière.  De plus, dans un autre ordre d’idées, lors de sa dernière participation à La semaine des 4 Julie, Rita a réuni ses filles Aizysse & Sasha Baga ainsi que ses copies de scène Gisèle Lullaby & Tracy Trash. Une autre belle façon de montrer au grand public tout le talent qui orbite dans l’univers des drags au Québec.

Mettre de l’avant des artistes et artisans qui lui sont chers, c’est une chose, mais Rita Baga offre encore plus. Effectivement, comme elle a longtemps été impliquée auprès de Fierté Montréal, ce qu’elle livre comme message n’est pas seulement la démocratisation de l’art du drag, mais également la vulgarisation de certaines des réalités des communautés LGBTQ2S+ et de leurs enjeux. Nous avons pu le constater lors de son passage comme participante à Big brother célébrités.

Son statut de reine de Montréal, elle ne l’a volé à personne. Elle est inspirante, généreuse et a su toucher le cœur des gens. Il y encore tant à découvrir de cet individu comme il s’en fait peu. Je suis plus que ravi de la voir évoluer ainsi. Nul n’est surpris qu’elle fût retenue parmi les personnalités marquantes de la dernière année par Isabelle Racicot et les membres de l’équipe de l’émission Les dix de 2020. Nous ne pouvons que lui souhaiter le meilleur pour la suite.

Vous pouvez suivre Rita Baga sur Facebook & Instagram.

Vous pouvez suivre les chroniques de Rita Baga à Bonsoir bonsoir, diffusé du lundi au jeudi 21h sur ICI Radio-Canada télé

Elle sera en tournée partout au Québec avec son spectacle Créature.

L’après Canada’s drag race de Rita Baga aura été plus que significatif pour elle. En effet, depuis la finale de l’émission, relayée au mois de septembre dernier sur Crave, elle a joui de magnifiques opportunités. Il ne faut toutefois pas se leurrer, celles-ci ne lui ont pas été offertes sur un plateau d’argent. En effet,… Lire la suite En direct de l’univers de Rita Baga

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L’effet Rita Baga à Big Brother célébrités

C’est à l’issue de la 4ème semaine que l’iconique Rita Baga a dû tirer sa révérence du prestigieux manoir qui accueille actuellement Big Brother célébrités, la téléréalité-événement de la chaîne Noovo. Le deuil de ce départ se vit difficilement de part et d’autre de l’écran. On peut se l’avouer sans gêne, le départ de Rita Baga est de loin le plus difficile à absorber depuis le début de la saison et pour plusieurs raisons.

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TOPO DE BIG BROTHER CÉLÉBRITÉS

Jusqu’ici, la clique de bien-pensants, formé du comédien Emmanuel Auger, de l’humoriste Jean-Thomas Jobin, de l’homme d’affaires François Lambert et de l’un des candidats vedettes d’Occupation doubleKevin Lapierre, s’est logée à la tête de la maison et, tel une marionnettiste, tire les ficelles du jeu à sa guise en imposant une structure patriarcale. Leur prestance est si imposante qu’elle leur a permis de ne faire qu’une bouchée du clan des condiments et des pennes, rendant leur approche indigeste auprès du public. À cause de leurs stratagèmes, une forme de hiérarchie s’est installée dans la maison, plaçant les hommes cis blanc et hétérosexuels au « sommet » de la pyramide et mettant les autres groupes minoritaires et marginalisés au bas de celle-ci, à savoir les homosexuels (Jean-François Guevremont & Maxime Landry) et les personnes noires (Varda Étienne & Richardson Zéphir).  On peut également reprocher à ce quatuor complotiste d’âgisme à l’endroit des jeunes et une forme de misogynie contre le trio regroupant la comédienne Camille Felton, la boxeuse professionnelle Kim Clavel et l’influenceuse Lysandra Nadeau. Les récents épisodes nous permettent d’espérer un renversement de situation. Nous verrons bien.

UNE DOSE DE POSITIVISME

Heureusement, malgré cette triste représentation de la société québécoise à très petite échelle, de belles choses ont su émerger de cette émission polarisante. Je tiens à souligner l’usage si bien maîtrisée de la tribune que Rita Baga a eue à Big Brother célébrités afin « d’ouvrir les œillères », comme le dit si bien Kim, et d’aborder des sujets malheureusement encore trop tabous ou méconnus. En effet, Rita a notamment contribué à démocratiser l’art du drag par sa participation à cette folle aventure, à contribuer à des échanges positifs sur les genres avec ses colocataires, à aborder le VIH avec intelligence et un sens de la vulgarisation impeccable et encore plus. Je crois que tous ceux et celles qui connaissent Jean-François ont reconnu sont approche posée, humaine et chaleureuse.

L’APRÈS BIG BROTHER

Nous avons vécu un deuil collectif lors du départ de Rita Baga, mais déjà nous sommes en mesure de dire que l’après Big brother s’annonce prometteur pour elle. Lors de son passage sur le plateau de La semaine des 4 Julie en début de semaine, à la suite de son éviction de la compétition, Julie Snyder nous annonçait la tournée Créature qui permettra à Rita Baga de sillonner le Québec au cours de la présente année en plus de nous apprendre qu’elle aura la chance d’être l’une des invitées de France Beaudoin à En direct de l’univers au mois de mars prochain.

Pour citer Rita Baga : « Merci d’avoir mis une créature comme moi à la télévision. ». Nous en sommes tous extrêmement reconnaissant. L’accueil du public est plus que favorable. Donc, restez à l’affût, vous risquez de beaucoup voir Rita Baga dans les prochains mois. Sinon, suivez ses activités sur son site web.

C’est à l’issue de la 4ème semaine que l’iconique Rita Baga a dû tirer sa révérence du prestigieux manoir qui accueille actuellement Big Brother célébrités, la téléréalité-événement de la chaîne Noovo. Le deuil de ce départ se vit difficilement de part et d’autre de l’écran. On peut se l’avouer sans gêne, le départ de Rita… Lire la suite L’effet Rita Baga à Big Brother célébrités

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Derrière les paillettes & le make-up

Article écrit par Edward Sanger

Quand on voit une performance, un show ou une vidéo de drag, on ne voit pas seulement un personnage joué, mais toute l’expérience et l’histoire d’un artiste qui se produit au-devant de la scène. Le résultat peut en surprendre plus d’un.

J’accompagne une drag-queen au nom de Démone LaStrange. Auparavant, j’ai fait une entrevue chez elle pour un devoir de journalisme. Pendant qu’elle se maquillait, j’ai pu écouter toute son histoire. L’origine de son personnage, qui l’a inspiré, comment elle arrive à se démarquer maintenant, ses proches et plusieurs autres anecdotes. Lors de certains passages, malgré la neutralité qu’un journaliste se doit d’avoir durant une entrevue, je n’ai pas pu retenir une larme face à tant d’émotions.

Je pars avec elle en métro pour aller au The Diving Bell Social Club. Une fois arrivé sur place, je monte les nombreuses marches. La salle est neutre et plongée dans l’obscurité avec un faible éclairage. Au fond, une scène avec deux portes qui mènent vers les loges. L’ensemble de l’endroit est inondé de chaises, de tables et quelques banquettes. De l’autre côté, un bar sympathique avec une station de limonade maison délicieuse.

Je commande un cola et prépare mon appareil photo. Je me dirige vers l’une des loges et j’aperçois Abby Long, l’animatrice de la soirée qui se préparait, munie d’un sourire charmant, qui me remercie de prendre des photos pour son premier anniversaire en tant que drag. Cela me fait plaisir, car c’est une occasion de découvrir de nombreux talents. Je n’allais pas être déçu.

Entre Démone LaStrange avec un numéro gothique, un de ukulélé avec Treasure Trail, une performance mignonne avec Uma Gahd et la voix enchanteresse d’Abby Long, accompagnée d’airs de piano, impossible de dire laquelle fut ma préférée durant cette soirée.

Derrière le personnage

On a tous été témoins de la transparence des candidates de RuPaul’s drag race. Toutes les participantes ont montré plusieurs styles, talents et histoires touchantes qui sont venues nous toucher droit au cœur. Plus les saisons s’enchaînent, plus on s’attache aux concurrentes.

Mais, on ne peut pas dire qu’on est un fan de drag-queen juste en demeurant derrière notre écran. Il faut au moins aller les voir performer sur scène afin d’en ressortir bouche bée.

La première fois que j’ai vu un show de drag-queen, c’était au Cabaret Mado. J’étais avec Stella Stone et un couple de jeunes filles anglophone. Nous avons sympathisé et avons bu quelques verres pour se mettre dans l’ambiance. Mais quand j’ai vu défiler, danser et interpréter des artistes de grands talents, je suis ressorti du bar avec des étoiles dans les yeux. Cela a été mon baptême de drag et mon début en tant que photographe de drags. En enchaînant les soirées dans les bars, j’ai découvert plus qu’un simple spectacle.

Voir des grandes pointures telles que Jimmy Moore et Michel Dorion, photographier un spectacle de burlesque latino animé par Anaconda de LaSabrosa, découvrir l’univers des drag-kings grâce à Hercule Sleaze et Rock Bière ou encore, apprécier la diversité suggérée notamment par Wendy Warhol, Néon et LaDonna Stone ont été tant d’occasions qui m’ont éveillé à tout un monde qui me plaisait de découvrir de fois en fois.

À une autre époque, cet art était malheureusement très mal vu par notre société. Ce n’était pas rare d’entendre des commentaires répréhensibles et de préjugés.

Aujourd’hui, en 2021, grâce à la diversité issue de modèles variés comme Lady Bunny, Devine, Mado Lamotte ou encore Diego Garijo (lutteur et drag-queen), faire du drag est un art pour sensibiliser, montrer un message, faire découvrir une autre facette de sa personnalité et mettre de l’avant qui on est. Comme dirait Sally-D : « il n’y a pas d’âge pour en faire. »

Alors, si l’envie vous vient de voir un spectacle produit par des artistes au style et au look époustouflants, vous n’allez pas être déçu de prendre un cocktail et crier à plein poumon.

Article écrit par Edward Sanger Quand on voit une performance, un show ou une vidéo de drag, on ne voit pas seulement un personnage joué, mais toute l’expérience et l’histoire d’un artiste qui se produit au-devant de la scène. Le résultat peut en surprendre plus d’un. J’accompagne une drag-queen au nom de Démone LaStrange. Auparavant, j’ai… Lire la suite Derrière les paillettes & le make-up

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Canada’s drag race saison 2: les auditions sont lancées

Alors que RuPaul’s drag race UK saison 2 prenait son envol sur BBC Three le 14 janvier dernier, on annonçait ici le retour de 10 épisodes de Canada’s drag race. Les auditions sont maintenant lancées. Il nous tarde de découvrir qui prendra le relai de celles qui nous ont tant marquées l’an dernier, mais surtout qui succèdera à Priyanka à titre de prochaine drag superstar au pays. Rappelons que la première saison s’était hissée au sommet du palmarès parmi les productions originales les plus regardées sur la plateforme Crave qui héberge la populaire téléréalité, l’adaptation canadienne de RuPaul’s drag race. Laissez-moi à nouveau vous partager, sans prétention, une liste de 12 drags d’ici que je m’imagine participer à cette compétition. Je réitère que je ne suis pas la police du talent. Ces suggestions me sont bien personnelles. Il fut difficile de trancher. Nous avons tellement d’artistes dont le talent mériterait d’être exposé et d’être exporté. Alors voici, je me lance…

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ADRIANA

Véritable icône au bar le Drague de Québec, Adrianna s’impose par son talent. Je suis encore marqué par son numéro de demi-finale dans le cadre de MX Fierté Canada qui figure encore à ce jour parmi mes numéros de drag préféré. Elle jouit d’une imagination débordante et une étonnante capacité de concrétisation de ses idées.  Il me tarde de découvrir comment elle s’adapterait aux défis qui lui seraient lancés.

AIZYSSE BAGA

Quel coup d’éclat que serait d’accueillir la fille de Rita Baga pour lui succéder dans l’aventure! Au-delà des réactions que cela pourrait provoquer, Aizysse a tout pour rivaliser dans ce genre de concours. Son style singulier lui permettrait de se distinguer. Alors qu’on croira l’avoir catégorisé en raison de cela, elle surprendrait tout le monde par sa capacité d’adaptation en révélant une autre facette de son alter ego.

BARBADA

Rita Baga peut se targuer d’être la reine de Montréal, mais s’il y a bien une drag qui peut la talonner à juste titre, c’est Barbada. Rares sont les drags qui ont une exposition grand public aussi importante qu’elle. Barbada est présente partout, tant sur les différentes scènes où des spectacles de drags sont offerts que sur les web grâce au podcast Big, black & beautiful qu’elle coanime avec sa fille Gabry Elle ainsi qu’à la télévision en raison de ses nombreuses participations à des émissions à heure de grande écoute telles que Y’a du monde à mess, Deux hommes en or ou encore Format familial afin d’y parler notamment des lectures de contes qu’elle fait auprès des enfants.

CARMEN SUTRA

Véritable révélation de 2020, Carmen Sutra a mis la main sur deux titres dans le cadre de concours de drags, soit celui de Miss Cocktail, offert à la relève, ainsi que Drag X 3D, qui opposait des drags aux expériences variées. Si la tendance se maintient, elle pourrait encore nous surprendre en se taillant une place jusqu’à Canada’s drag race. Elle bénéficie d’un talent qui lui est propre, soit la contorsion, qui pourrait en faire voir de toutes les couleurs.

DÉMONE LASTRANGE

Démone connait une impressionnante croissance depuis les dernières années. Les looks qu’elle arbore dans ses récentes publications Instagram témoignent de l’évolution de sa versatilité. Démone est ce genre d’artiste qui ne fait plus qu’un avec la scène lorsqu’elle y pose le pied. Si vous voulez que ça brasse pour la prochaine saison, vous voulez Démone.

GINA GATES

Les adaptations étrangères ont permis au concept de RuPaul’s drag race de se réinventer au niveau de la représentativité du drag à la télévision. Si on veut poursuivre dans cette veine, il nous faut des artistes comme Gina Gates. Gina a connu une visibilité importante dans la dernière année en participant à plusieurs spectacles de drag virtuels, ce qui l’a fait connaître davantage. La prochaine étape, c’est de voir l’une des cordes (artistiques) à son arc (car elle en a vraiment beaucoup) faire le saut à la télévision.

LADY BOOM BOOM

Lady Boom Boom incarne à elle seule tout le plaisir qu’on éprouve à aller voir un show de drag. Elle est littéralement en symbiose avec son art. Son talent fait d’elle le drag la plus présente sur toutes les scènes dédiées à l’art du drag au Québec. Elle a cette capacité de jongler avec tous les styles, du comique au tragique en passant par l’intensité et la sensualité.

MARLA DEER

Marla Deer est un cerveau de la communauté drag d’ici. Son imagination n’a d’égal que son ambition. Impliquée derrière tant de grandes productions, elle s’impose depuis des années. Son concours-école Drag-moi a permis de faire briller une quantité incroyable de nouveaux talents, dont Kiara qui était de la dernière saison Canada’s drag race. Sa victoire lors de la dernière édition de MX Fierté Montréal, qui lui avait permise d’aller performer en Grèce dans le cadre de la promotion de Montréal en vue du World Pride 2023, a confirmé aux yeux de tous son grand talent.  Il est temps que cette artiste polyvalente jouisse d’une reconnaissance digne de sa stature.

MATANTE ALEX

Le grand public a pu découvrir Matante Alex lors de son passage à la dernière saison de La Voix. Depuis, sa mélodique voix a su nous charmer grâce aux différentes pièces qui sont parues ces derniers mois. Matante Alex est une artiste pluridisciplinaire au style singulier. Son évolution des dernières années est remarquable. Nous avons besoin de ce genre d’artiste, entière. Son parcours en musique illustre sa grande combativité qu’il serait intéressant d’explorer dans ce genre de compétition.

SASHA BAGA

Eh oui! Une autre Baga. Sasha est une véritable bombe à retardement. Nous ne savons pas à quel moment elle va exploser sur scène. Malgré sa fougue incroyable, elle est capable de retenu. Elle figure parmi les rares drags à réussir à faire véhiculer des émotions qui transcende le spectacle ou du moins, le genre d’émotions qu’on pourrait s’attendre d’un show de drag. J’ai été ému plus d’une fois à l’issue de certains de ses numéros. Ce je-ne-sais-quoi qui lui est unique ne serait pas inintéressant à explorer dans ce genre de concours. Elle l’a déjà fait par le passé en racontant son histoire de femme trans à travers un numéro qui lui avait permis d’atteindre le peloton de tête lors de la dernière saison de MX Fierté Montréal. Sa présence s’inscrirait également dans cet esprit de renouveau qu’on attend de cette méga franchises aux multiples saisons.

TRACY TRASH

Considérée, avec raison, comme l’un des piliers du Cabaret Mado, Tracy Trash s’impose depuis plusieurs années, non seulement au sein de cette emblématique institution qui surplombe la rue Ste-Catherine, mais également dans l’ensemble de la communauté drag. Tracy Trash est de celles qui sont toujours en représentation. Elle transpire l’art du drag. Sa grande versatilité, son sens aigu d’improvisatrice et ses talents de comédienne lui permettront d’agir comme un caméléon.

UMA GAHD

Depuis les dernières années, Uma Gahd couvre l’ensemble des concours de drags de partout dans le monde, qu’il s’agisse de l’une ou l’autre des adaptations à l’international de RuPaul’s drag race ou Dragula. Uma Gahd est une artiste imprévisible, capable de nous surprendre à tous les niveaux. Ses lives de makeup depuis les dernières semaines où elle se fait challenger nous illustre sa grande capacité d’adaptation, ses talents de métamorphose ainsi que son large éventail.  Après autant d’occasions à commenter les compétitions de drags, nous sommes prêts à la voir faire le saut.

Je ne sais pas si toutes les drags que j’ai mentionnées souhaitent s’inscrire. Nous verrons bien. Tel que mentionné précédemment, une foule d’artistes mériteraient leur place dans la prochaine saison. Comme le dit si bien le slogan de Big brother célébrités : « attendez-vous à l’inattendu. » On ne sait pas quel genre de casting la production a en tête. Le grand fan de communauté drag en moi va accueillir nos ambassadrices du Québec avec la plus grande des fiertés. Canada’s drag race saison 2 : nous sommes prêts.

Pour les abonnés Crave, il vous est possible d’écouter ou réécouter la première saison de Canada’s drag race ici.

Pour les drags qui veulent appliquer, c’est par ici.

Alors que RuPaul’s drag race UK saison 2 prenait son envol sur BBC Three le 14 janvier dernier, on annonçait ici le retour de 10 épisodes de Canada’s drag race. Les auditions sont maintenant lancées. Il nous tarde de découvrir qui prendra le relai de celles qui nous ont tant marquées l’an dernier, mais surtout… Lire la suite Canada’s drag race saison 2: les auditions sont lancées

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Les « talents bleus » de Canada’s drag race

Canada’s drag race a fait son entrée sur la plateforme de vidéo sur demande Crave cet été. Cette version canadienne de l’émission RuPaul’s drag race a permis de mettre de l’avant – sur un réseau mainstream – non seulement l’art du drag, mais également tout un pan de la culture LGBTQ+. La populaire télé-réalité a servi à plusieurs drag-queens au pays d’exporter leur alter ego au-delà de leur province respective. Le Québec a pu compter sur la participation de Kiara et Rita Baga, qui s’est d’ailleurs faufilée parmi les trois finalistes. Les deux montréalaises ont été de dignes représentantes afin de faire briller le talent d’ici. Elles ont également misé sur le savoir-faire d’artisans de chez nous pour certains de leurs looks. J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec deux d’entre eux, soit le coiffeur Martin Alarie ainsi que la drag-queen et designer Suki Doll. Je vous invite à découvrir les coulisses de cette méga-production à travers leur expérience propre. Je trouvais que l’expression « talents bleus » employée pour le concours de talents à La semaine des 4 Julie s’y prêtait bien dans le contexte.

À lire aussi: Le portrait de Suki Doll

L’aventure Canada’s drag race a démarrée seulement deux semaines avant le début des tournages dans la Ville-Reine. Ce qu’ils avaient en main pour la création des looks: une idée générale des défis, sans plus de précision à savoir s’il s’agissait d’un mini challenge, d’un maxi challenge ou d’un runaway. Ce cours laps de temps les mettait déjà à l’épreuve. Martin devait allier son horaire, déjà occupé avec deux projet – un en télévision et l’autre au cinéma – alors que Suki s’y est adonnée à temps plein, pour toute la durée qui lui était accordée, afin de fournir la marchandise.

Kiara a fait appel à Suki car elle sait qu’elles travaillent bien ensemble et que cette dernière est capable de concevoir des looks rapidement. Suki Doll aura confectionné 5 looks pour Kiara. Malheureusement, comme celle-ci fut évincée à mi-parcours, nous n’avons pas pu voir toutes les réalisations de Suki Doll à la télévision. Néanmoins, deux de ses créations les plus remarquables ont pu être admirées de tous, notamment grâce aux images promotionnelles de l’émission ainsi que lors de la finale qui fut diffusée le 3 septembre dernier.

Du côté de Rita Baga, elle a collaboré avec des membres de sa dream team. Dès qu’elle a su qu’elle était retenue dans la compétition, elle a contacté son complice de longue date Martin Alarie. Leur travail s’inscrit toujours dans un processus collaboratif. Or, comme le temps était compté et que travailler des perruques est de moins longue haleine que de la confection de costumes, Martin a dirigé Rita vers Jonathan Grandolfo afin qu’ils développent ensemble les costumes. Lui n’avait qu’à compléter le topo à la lumière de ce qu’ils avaient décidé. Le mot d’ordre sur lequel ils se sont entendus était d’investir dans la nouveauté, c’est-à-dire d’arriver à surprendre le public qui connaissait déjà Rita Baga. C’est là qu’on réalise que Rita y est allée all in dans la compétition en se faisant sortir de sa zone de confort. Finalement, Martin aura travaillé 25 perruques.

Il y a une belle collégialité entre les artistes et artisans ici, au Québec. La volonté de reconnaître les différents crédits pour les looks fut personnelle à chacune des drags. Cela aura servi de vitrine incroyable pour nos artisans qui ont pu bénéficier de l’imposant following qui accompagnait l’aventure Canada’s drag race sur les médias sociaux.

La collaboration de Kiara et Rita Baga auprès de Martin Alarie et Suki Doll ne s’est pas arrêtée là. En effet, les deux artisans continuent de collaborer auprès de nos drag-queens québécoises pour la tournée Canada’s drag rice LIVE at the drive-in. En raison des mesures sanitaires, ils ne peuvent malheureusement pas les accompagner. Le travail s’est orchestré rapidement avant le démarrage de cette tournée. Suki Doll a confectionné un costume pour Rita Baga alors que Martin a fait une sélection de perruques, interchangeable, car Martin voulait laisser la latitude nécessaire à Rita de pouvoir jouer avec ses looks et d’intervertir ses coiffes selon l’inspiration du moment, et qui voyage bien. Le plus important était de ne pas dénaturer le personnage Rita Baga et conserver le branding qui lui est propre.

L’émission a suscité de vives réactions sur les médias sociaux. Certains téléspectateurs se sont accordés beaucoup trop de libertés envers les participantes de l’émission, notamment en ce qui concerne les looks. Suki Doll a soulevé le point en entrevue, les concurrentes ne pouvaient pas voyager avec autant de stock qu’elles le voulaient et, de plus, elles n’aveint pas le temps nécessaire pour revoir et repenser leur look d’un défi à l’autre. Il faut avoir un minimum de compassion, d’ouverture et d’empathie envers elles car ce n’est pas aussi simple qu’on peut le penser, il y a beaucoup d’éléments qui doivent être pris en compte et auxquels, assis dans notre salon, nous ne pensons pas.

Les mesures sanitaires au Québec, plaçant notamment Montréal et Québec en zone rouge, nous empêchent de voir des spectacles de drags sur scène. Pour le moment, le mieux est de suivre Martin Alarie, Suki Doll, Kiara et Rita Baga sur les médias sociaux.

Canada’s drag race a fait son entrée sur la plateforme de vidéo sur demande Crave cet été. Cette version canadienne de l’émission RuPaul’s drag race a permis de mettre de l’avant – sur un réseau mainstream – non seulement l’art du drag, mais également tout un pan de la culture LGBTQ+. La populaire télé-réalité a… Lire la suite Les « talents bleus » de Canada’s drag race

Dossier

L’apport de la famille

Nous reconnaissons à l’art du drag toute une généalogie qui agit comme un système de mentorat. Mais qu’en est-il de l’apport de la véritable famille? Au fil de mes entrevues ces dernières années, je me suis aperçu que certaines drags jouissaient d’un support privilégié de la part de membres de leur parenté. L’implication de ceux-ci se manifestent sous différentes formes, allant de l’achat de morceaux de costumes à des performances sur scène. Afin d’apporter un éclairage sur ce large spectre sous lequel se manifeste ce soutien familial, je me suis entretenu avec quatre artistes de la communauté qui en ont bénéficié dans leur carrière, soit avec Bobépine, Marla Deer, Rock Bière et Scarlett Schatzi.

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À lire aussi: ENTREVUE | La relation père-fils entre Steve & Bobépine

 

LE COMING OUT DRAG

Malgré l’explosion ces dernières années du terme « drag » dans le jargon plus mainstream, il n’en demeure pas moins qu’une vaste majorité de la population ne comprend pas nécessairement tous les rouages rattachés à cette profession, causant ainsi un certain recul à quelqu’un qui pratique le métier quand vient le temps de l’annoncer à son entourage. Par manque de connaissances, les gens associent parfois l’art du drag au travestissement – travestie étant même un terme longtemps employé pour désigner une drag-queen – ou à la dysphorie de genre. Dans ces circonstances, parler d’un coming out drag est tout à fait légitime car il fait appréhender toutes les réactions possibles que l’entourage pourrait avoir en lien avec cette annonce.

Tant pour Bobépine, Scarlett et Marla, leur coming out comme homosexuel s’est somme toute bien passé. Cela fut le premier pas vers la bonne voie afin d’avoir le soutien de leur famille lors de leur coming out comme drag-queen. Dans ce cas-ci, le seul qui eut à composer avec une certaine inquiétude est Rock Bière. Heureusement, le vent a tourné assez rapidement et c’est plutôt le processus inverse qui s’est produit, c’est-à-dire que son coming out drag a aidé ses parents à accepter celui lesbien. Le désir des parents de Rock de comprendre ce dans quoi il allait s’impliquer les a fait l’accompagner jusque dans les bars où il performait, les emmenant à côtoyer de près la communauté LGBTQ+, ce qui leur a permis de mieux comprendre la réalité dans laquelle évoluait leur enfant.

 

L’APPORT FAMILIAL

La mère de Scarlett s’est impliquée auprès d’elle comme elle l’avait fait dans les autres sphères artistiques dans lesquelles Scarlett s’était impliquées. Jusqu’à maintenant, aucunes d’elles n’avait su la contenter comme l’art du drag a réussi à le faire. Connaissant bien son enfant, la mère de Scarlett savait que lorsqu’elle se sentirait confortable dans quelque chose, ça allait coûter cher. C’est d’abord dans cette optique que son implication s’est manifestée auprès de son enfant. C’est dans la nature de Scarlett, lorsqu’elle est passionnée par quelque chose, elle investit, de toutes les manières.

Heureusement, Scarlett ne s’est pas lancée dans cet univers aveuglément. Elle a pris un bon deux ans afin de procéder à une sérieuse analyse avant d’aller de l’avant. Lorsqu’elle prit enfin la décision de plonger, sa mère s’est assurée de la sensibiliser sur l’investissement que cela pouvait représenter. En contrepartie, la mère de Scarlett s’est révélée particulièrement généreuse comme s’il s’agissait de la « fille qu’elle n’a jamais eue ».

Autant pour la mère que le père de Scarlett, ils ont rapidement compris l’aspect artistique du drag. C’est d’ailleurs le père de Scarlett qui lui a acheté sa première paire de seins en silicone. Du côté de la mère de Scarlett, elle est même allée jusqu’à s’impliquer dans la confection de costumes. Leur présence s’est manifestée dès la première incursion de Scarlett, ensuite à chacun des concours auxquels elle a pris part et de manière assez régulière par la suite.

Du côté de Bobépine, avant de joindre le concours-école Drag-moi, à l’issue duquel elle montera sur la plus haute marche du podium, Bobépine s’était déjà initié à la personnification féminine sous les traits de Granny Cool. Ce personnage plutôt théâtral est né dans le contexte d’une série de capsules que Bobépine avait lancée en marge de ses études en cinéma. Déjà à cette époque, son père Steve s’était montré compréhensif en participant au remue-méninge en lien avec la production.

Lorsque Bobépine est née officiellement, son père n’a pas été surpris. À ses yeux, il ne s’agissait que d’un nouveau personnage, mais qui allait évoluer dans une sphère artistique différente. L’important pour Steve était de savoir que son fil était heureux et qu’il faisait ce qu’il aimait.

Au fil du temps, l’apport de Steve a fini par transcender le lien filial qui l’unit à son fils. Sa présence si soutenue l’a fait adopter par d’autres drags qui sont allé jusqu’à lui trouver un nom : Safety Pine. Ce personnage qui se voulait davantage comme un gage de complicité s’est avéré plus sérieux qu’anticipé alors qu’il a fait son apparition officielle dans la web-série que Bobépine a lancé lors du confinement, soit Bobépine.TV. Cette transformation a permis à Steve de comprendre davantage la réalité dans laquelle se plonge son fils plusieurs fois par semaine, le rendant ainsi encore plus admiratif de l’art du drag.

Rares sont les parents qui ont osé camper le rôle de drag. Le père de Bobépine s’est montré bon joueur en revêtant réellement le personnage qu’on lui avait dessiné. Dans cette audacieuse lignée, on peut retrouver non seulement le père de Rock, mais également sa mère, qui sont devenus respectivement, à plus d’une reprise, La Diva Tequila et Whisky Jo.

La Diva Tequila a fait ses premiers pas sur scène à l’occasion du 60ème anniversaire de sa conjointe. Pour cette métamorphose, La Diva Tequila a eu recours aux talents de Petula Claque qui avait fait la route jusqu’à Québec pour l’occasion. Même La Diva Tequila se sentait intimidée par cet univers, elle était surtout impressionnée. Une fois qu’elle avait compris tout le travail que cela impliquait – et encore davantage avec cette expérience –, il lui était apparu naturel de faire cette incursion le temps d’une soirée (du moins, à ce moment).

Pour sa part, Whisky Jo est monté sur les planches du Cabaret Mado dans le cadre de la soirée de financements en lien avec la production de Rock Bière : Le documentaire. Whisky emboîtait ainsi le pas au reste de l’équipe qui s’était également prêté au jeu. Là où ça devient surprenant, c’est lorsque Whisky s’est présenté seul au bar Le Drague de Québec afin de participer à une soirée amateure menée par Stivy. Encore plus surprenant, il fut booké lors de la soirée mensuelle de Charli Deville, ManSpread. Le point culminant est lorsque La Diva Tequila et Whiky Jo ont, de leur plein gré, proposé à Rock Bière et RV Métal, la semaine où ils étaient à l’animation du Drag show virtuel durant le confinement, de présenter un numéro dans leur personnage respectif. Pour cette occasion, ils ont dû miser sur leur propre expertise en maquillage.

Si ces prestations ont pu se réaliser, c’est parce que le père de Rock aime tellement sa conjointe qu’il ferait tout pour elle. Quand il a vu qu’elle se lançait à cent pour cent, il n’avait d’autres choix que de la suivre. On se croise les doigts pour un family reunion lors de la réouverture des bars. Il faut souligner que tous ces parents qui ont flirté avec l’art du drag y sont allé all in et ce, à l’âge vénérable de 59 ans dans le cas du père à Bobépine et dans la soixantaine pour les parents de Rock Bière.

De son côté, Marla, dès ses débuts a opté malgré elle pour un personnage politisé. Ses parents étaient quelque peu insécures au départ, mais le personnage que Marla mettait de l’avant venait déconstruire tous les stéréotypes qu’on pouvait se faire d’une drag-queen. Dès les premiers pas de Marla dans l’univers du drag, qui s’est opéré lors du défunt concours Star search, ses parents ont tout de suite compris que le personnage que leur enfant endossait servait davantage à faire rire. Une fois qu’ils ont adhéré à la proposition de leur enfant, ils lui ont souhaité le meilleur, voulant même qu’elle soit la plus populaire. Du côté des frères de Marla, étant des grands fans de Donjon & Dragons, ils ne l’ont jamais jugée lorsqu’elle décidait d’endosser un personnage féminin quand elle se joignait à une de leurs quêtes.

Une fois que tout s’est mis en place dans la carrière de Marla, le support de sa famille s’est installé naturellement. Marla a la chance d’avoir une famille soudée qui aime se compromettre. Ses parents n’ont pas tardé à s’impliquer activement en coulisse des grosses productions dans lesquelles Marla était impliquée. Ils trouvaient plus impressionnant de découvrir comment les choses s’opéraient à l’arrière-scène que ce qu’il se passait sur scène. Cette expérience assez unique leur a permis d’entrevoir le métier de leur enfant d’un œil nouveau.

La consécration pour Marla fut lors d’un numéro dans le cadre de MX Fierté Montréal en 2018 où une vaste majorité de sa famille de sang et de spectacle ainsi que des personnes clés de son entourage s’était réunie sur scène le temps d’un numéro, offrant aux spectateurs présent ce soir-là une fresque vivante qui ne pouvait mieux témoigner du soutien familial dont elle bénéficie. Du côté de sa famille, nous retrouvions ses parents, l’un de ses frères, Sébastien, sa sœur Zoé, ainsi que sa marraine qui, juste avant de monter sur scène, a donné le collier de sa mère en lui disant « c’est comme si grand-maman était avec nous ce soir ».

 

Finalement, on constate que l’implication varie d’une personne à l’autre. Ce ne sont malheureusement pas tous les artistes de cet art de la scène qui bénéficient d’un tel soutien. L’objectif était davantage de mettre en lumière de belles histoires. Comme dans bien des choses, il est important de pouvoir compter sur le soutien de ses proches. Encore aujourd’hui, Scarlett continue de demander conseil à sa mère, Bobépine voit la relation entre son père biologique et sa mère drag, Kelly Torrieli, se développer, Rock continue de travailler pour que sa sœur emboîte le pas à leurs parents elle aussi et Marla demeure la matriarche d’une impressionnante lignée, solidaire, coopérative et impliquée, à l’image de ce qu’elle a connue dans sa propre famille.

 

Vous pouvez suivre Bobépine sur Instagram. Elle vous accueille tous les jeudi et vendredi à La dînette à Mado.

Vous pouvez suivre Marla Deer sur Facebook & Instagram.

Vous pouvez suivre Rock Bière sur Facebook & Instagram.

Scarlett Schatzi sur Instagram,

 

 

Nous reconnaissons à l’art du drag toute une généalogie qui agit comme un système de mentorat. Mais qu’en est-il de l’apport de la véritable famille? Au fil de mes entrevues ces dernières années, je me suis aperçu que certaines drags jouissaient d’un support privilégié de la part de membres de leur parenté. L’implication de ceux-ci… Lire la suite L’apport de la famille

Dossier

Hors série | En mode drag: Le récit d’une épopée

Derrière ces séries d’articles se terre dans l’ombre un homme qui, depuis 5 ans, a cherché à mettre en lumière un art de la scène pour lequel il voue une profonde admiration. Lors de son retour aux études à l’automne 2014, il s’est retrouvé à la croisée des chemins, ne sachant toujours pas comment son avenir professionnel allait se dessiner. Il s’est rapidement aperçu lors de son certificat en journalisme que l’art du drag était un sujet récurrent dans ses travaux. Un jour, dans le cadre d’un travail pratique pour l’un de ses cours hors programme en communication, il dut présenter un concept de blogue nouveau. Si à l’origine l’idée semblait attrayante sur papier, rien ne semblait présager, du moins à ce moment, ce qui allait suivre. Il se considérait beaucoup trop gêné et intimidé par cet univers. Il suffit d’une réponse favorable à la suite de l’envoie d’un courriel à l’équipe du Cabaret Mado pour une levée de fonds afin que l’histoire entame son premier chapitre.

À lire aussi: L’entrevue En mode drag: 4 ans déjà, réalisée par Lady Pamplemousse 

Cette occasion inespérée fut possible grâce à Steve Poitras qui crut au projet. En mode drag n’existait pas encore, alors sur quoi se basait-il pour justifier son approbation face à cette levée de fonds? L’histoire ne le dit pas, mais on ne peut que lui être reconnaissant. Ce fut le dernier levier pour permettre de propulser cette machine qui continue de grossir d’année en année. Maintenant qu’il était clair que le blogue allait voir le jour, il fallait donner à ce projet une signature, une image de marque. C’est à ce moment que Sophie s’est greffée au projet, donnant ainsi un visage au blogue grâce au logo qu’elle a conçu.

Le 15 juin 2015, c’était non seulement ladite levée de fonds qui avait lieu, sous l’égide de Rita Baga et ses invitées, Érica, Kitana, Phoenix Vyxen et Sasha Baga – et de surcroît, la naissance de Ludivine Grey -, mais surtout le lancement officiel du projet d’une vie pour Philippe alors qu’il mettait en ligne ses premiers articles dans les trois catégories principales de son blogue : le portrait de Rita Baga, l’entrevue avec DJ Lady McCoy et un dossier sur la retraite chez les drag-queens avec Brian Charbonneau, François Dallaire, Pascal Guilbault, Steve Poitras et Jean-Marc St-Yves.

À l’image d’une nouvelle relation, il se sentait comme sur un nuage, prêt à affronter l’impossible pour aller au bout de ses rêves avec ce projet. L’année 2015 s’est terminée avec le sentiment du devoir accompli. Toutefois, un an plus tard, le scénario s’est révélé moins glorieux qu’anticipé alors que l’achalandage s’était maintenu au même niveau pour une plus longue période. Philippe faisait face à sa première remise en question. Il en a profité pour brasser les cartes dans son esprit et entrevoir le jeu sous une nouvelle perspective. Il s’est entouré d’une amie proche, Karine, pour ne pas la nommer, afin de redéfinir la structure du blogue. C’est ainsi qu’une nouvelle mise en page, plus sobre et mieux construite, vit le jour. L’étincelle était toujours là, mais il fallait ce petit quelque chose pour relancer la machine. Maintenant qu’elle était à nouveau bien huilée, il pouvait aller de l’avant.

L’année 2017 s’est amorcée en force alors que Rita Baga lançait MX Fierté Canada. Philippe a saisi l’occasion et lui a demandé s’il lui était possible de devenir partenaire média de ce méga-concours pancanadien.  La réponse fut favorable, à tel point que l’expérience s’est renouvelée pour les deux éditions subséquentes. Rita lui avait même offert d’être juge le temps d’une soirée à chacune des éditions. Ce fut l’occasion de faire exploser l’achalandage tant sur sa page Facebook que sur le blogue en tant que tel.

Voulant faire évoluer son blogue à un niveau supérieur, Philippe mit sur pied la soirée « En mode drag » se met en mode drague, une opportunité de questions et réponses entre des drags invité.e.s et le public. L’édition pilote de cette soirée eut lieu au mois de novembre 2017, avec comme invitées Kelly Torrieli, Krystella Fame et Phoenix Vyxen, au Centre communautaire LGBTQ+ de Montréal avec l’aval de Yankel et Christian. Grâce à un contact que Philippe s’était fait en participant aux soirées contributives à Wikipédia, menées par Michael David Miller, il a pu obtenir un article dans le Fugues qui faisait la promotion de cette soirée. Ayant toujours ce désir de grandeur, Philippe aspirait à offrir une édition en plein air à l’occasion de Fierté. Malheureusement, en raison de la demande tardive, il ne put le faire sur le site au Parc des Faubourgs, mais il réussit à trouver refuge sur la terrasse du Cabaret Mado alors que la rue Ste-Catherine, dans Le Village, était piétonne.  Fier du succès de cette soirée, Philippe reconduira sa soirée à chaque année à partir de ce moment. La soirée voyagera du Centre communautaire LGBTQ+ avant de faire le saut au Cabaret Mado pour finalement atterrir au bar Le Cocktail. En cette période de pandémie, qui nous a contraint au confinement, Philippe a transposé sa soirée en formule tête-à-tête de manière hebdomadaire, en direct sur Instagram.

L’année 2018 fut marquante alors que Philippe décrocha la seconde place, derrière Urbania, dans le cadre des prix YULorama, à la suite d’un vote populaire. Cette année-là coïncidait également avec l’arrivée de Philippe comme partenaire média à Drag-moi pour sa 10ème saison, expérience qu’il renouvellera l’année suivante.

Depuis cette fameuse relance, les choses vont de bon train. L’achalandage sur le blogue a doublé entre 2016 et 2017 ainsi qu’entre 2017 et 2018. La courbe de croissance est tombée à 1.5 entre 2018 et 2019. Il n’en demeure pas moins qu’En mode drag a réussi à faire écho auprès du public, devenant une référence privilégiée. D’autres belles réalisations ont jalonnées le parcours de Philippe au fil de ces 5 dernières années dont des collaborations connexes auprès de LGBT in the city et du plcloutier.com, une entrevue avec le personnificateur féminin Derrick Barry, connu pour ses participations à America’s got talent et RuPaul’s drag race, grâce à Jean-François James, la production de la Revue drag 2019, menée par Gisèle Lullaby et réunissant sur scène les Pussycat drags, Gina Gates, Kelly Torrieli, Marla Deer, Misty Waterfalls, Rock Bière, RV Métal, Sasha Baga & Scarlett Schatzi, ainsi qu’une pléiade d’entrevues avec une panoplie de personnalités publiques : la chanteuse Valérie Carpentier, le youtubeur PL Cloutier, le réalisateur de la série documentaire Ils de jours, elles de nuit Frederic Gieling, la comédienne Joelle Lanctot, l’ex-hockeyeur Georges Laraque, l’humoriste Thomas Leblanc, l’humoriste Christine Morency, l’animatrice Annie-Soleil Proteau, l’animatrice Valérie Roberts, la réalisatrice du documentaire Un métier comme un autre Annick Roussy, l’auteur de la série Cover girl Pierre Samson, les comédiens de la pièce KINK Frédéric Sasseville-Painchaud & Pascale St-Onge ainsi que l’humoriste Silvi Tourigny.

 

En mode drag en chiffre :

5 ans

46 000 vues

23 000 visiteurs

200 articles

130 personnalités différentes interviewées

54 drags qui ont participé au minimum une fois à la soirée « En mode drag » se met en mode drague (vous pouvez visiter la section galerie vidéo pour en revoir une partie ou encore, le compte Instagram d’En mode drag.

1 spectacle de production

 

Visiez la galerie photo pour quelques clichés de plusieurs éléments mentionnés précédemment.

 

Et un énorme merci à toutes ces personnes…

Adriana Schatzi – Aizysse Baga – Aleera Verushka – Alexandre Brosseau Camara – Alexandre Dumont Blais – Alexis – Alice Wildflower – Amy Haze – Anaconda La Sabrosa – Anastasia – Annick Roussy – Annie-Soleil Proteau – Bambi Dextrous – Barbada – Bobépine – Bruna Florio – Carmen Sutra – Catherine Pépin – Celes – Charli Deville – Chouchoune – Christian Tanguay – Christine Morency – Ciatha Night – Coco Martiny – Connie Lingua – Daisy Wood – Daphnée Schryve – Demone LaStrange – Derrick Barry –  Darleen Deer – Destiny – Dia Bella – Dominick Juneau – Dominique Lavergne – Dream – Elsa – Emma Déjàvu – Emmanuelle Métivier – Érica – Eva Loucha – Flora Gionest – François Dallaire – Frederic Gieling – Frédéric Sasseville-Painchaud – Gabriella – Gabry Elle – Georges Laraque – Gina Gates – Gisèle Lullaby – Heaven Genderfck – Ivy Winters – Janie Tardif – Jason Noel – Jean-François James – Jess PVM – Jezebel Bardot – Jihef Portelance – Jimmy Moore –  Joanie Darveau – Joelle Lanctot – Jonathan Grandolfo –  Jonathan Verge Beriau – Joshua Belair – Karine Chami – Kelly Torrieli – Kiara – Kitana – Krystella Fame – LaDorris – LaDrag On-Fly – Lady Boom Boom – Lady Guidoune – Lady McCoy – Lady Pamplemousse – Ladypoonana –  LaGladu –  Lana Dalida – Laurence Rajotte-Soucy – Lisa Santana – Luc Genereux – Mademoiselle De – Mado Lamotte – Marc-André Caron – Marco Boudreau – Marla Deer – Matante Alex – Michael David Miller – Michel Dorion – Mina Mercury – Miss Butterfly – Miss Daniels Vyxen – Misty Waterfalls – Mona de Grenoble – Océane – Oli Slva – Nana – Néon – Nicky Gee – Paloma – Paradox – Pascal Guilbault – Pascale St-Onge – Paulette Paillettes – Peach – Peggy Sue – Pénélope –  Petula Claque – Phoenix Vyxen – Pierre Samson – Pierre-Luc Racine – PL Cloutier – Prudence – Raphaëlle Comtois – Rainbow – Réglisse – Rita Baga –  Rock Bière – Rosie Bourgeoisie – Ruby Doll – Ruby Lamotte – RV Métal – Sally-D – Samantha Barnack – Sandra – Sandy Hart – Sasha Baga – Scarlett Business – Scarlett Schatzi – Sébastien Beaupré – Selma Gahd – Sheena Hershey – Silvi Tourigny – Sophie Viau – Steve Beaucage – Steve Daviault – Steve Poitras – Styla Artois – Jean-Marc St-Yves – Tante Gaby – Thomas Leblanc – Tracy Trash – Uma Gahd – Vee Valentine – Valérie Carpentier – Valérie Roberts – Velma Jones – Vincent Poirier – Wendy Warhol – Will Charmer – Yankel Lerner – Zénith – Zinc

Derrière ces séries d’articles se terre dans l’ombre un homme qui, depuis 5 ans, a cherché à mettre en lumière un art de la scène pour lequel il voue une profonde admiration. Lors de son retour aux études à l’automne 2014, il s’est retrouvé à la croisée des chemins, ne sachant toujours pas comment son… Lire la suite Hors série | En mode drag: Le récit d’une épopée

Dossier, Promotions

Canada’s drag race: nous sommes prêts!

L’annonce des queens qui allaient concourir lors de la toute première mouture de Canada’s drag race s’est proliféré sur les médias sociaux à vitesse grand V. Cela fait déjà près d’un an que le panel de juges nous a été dévoilé. Nous avions hâte de découvrir quelles drag-queens d’un océan à l’autre allaient donner vie à cette première édition. Après ce raz-de-marée qui a éclaboussé de nombreux fils d’actualité, il m’était apparu difficile de voir comment aborder la nouvelle sans répéter ce que nous savions déjà, mais j’ai décidé de me lancer quand même car je partage cette excitation collective. Comme le disait si bien Peggy Sue : « je me sens comme le matin de Noël ».

À lire aussi: Dossier – Canada’s drag race: mes aspirations

Nous savons officiellement que c’est le jeudi 2 juillet que le premier épisode atterrira sur la plateforme de diffusion en continu Crave de la société Bell Média. L’émission produite par Blue Ant Studios, en collaboration avec OutTV, sera disponible en version originale anglaise et sous-titrée en français. La télé-réalité voyagera ensuite partout dans le monde grâce WOW Presents Plus. De plus, chaque vendredi, l’épisode de la semaine sera disponible au Royaume-Uni sur BBC Three, diffuseur officiel de RuPaul’s drag race UK.

Nous savions que le panel de juges était composé de la runner-up de la 11ème saison de l’émission-mère RuPaul’s dra race, surnommée Queen of the North, Brooke Lynn Hytes, ainsi que de l’acteur Jeffrey Bowyer-Chapman (UnREAL) et de la mannequin Stacey McKenzie. Ce que nous avons su dans la foulée du dévoilement du casting de l’émission : la correspondante au magazine culturel Etalk Canada, Traci Melchor, aura un rôle récurrent alors qu’elle réalisera des entrevues avec les participantes entre les défis.

Parmi les queens qui figureront au générique de cette adaptation canadienne, nous retrouvons notamment deux drags de renom qui nous viennent du Québec, à savoir Kiara & Rita Baga. Se greffent autour d’elles Anastarzia Anaquway, BOA, Kyne, Priyanka, Scarlett Bobo et Tynomi Banks de l’Ontario, Ilona Verley de la Colombie-Britannique ainsi que Lemon de chez nos voisins du sud, plus précisément de New-York.

L’identité des juges invités a été dévoilée lors de la diffusion de la première bande-annonce officielle de l’émission. Ainsi, nous savons qui se greffera à chaque semaine au trio déjà composé de Brooke Lynn Hytes, Jeffrey Bowyer-Chapman et Stacey McKenzie. Nous retrouverons l’actrice Elisha Cuthbert (The girl next door, 24), l’actrice Amanda Brugel (The handmaid’s tale), la chanteuse Deborah Cox, l’acteur Jade Hassouné (Erased), l’acteur, animateur et humoriste Tom Green, l’autrice et actrice Mary Walsh (This hour has 22 minutes), la collaboratrice à l’émission Traci Melchor, le gagnant de Project Runaway Canada Evan Briddell, l’autrice-compositrice-interprète Allie X ainsi que la juste permanente de RuPaul’s drag race Michelle Visage. D’autres figures importantes feront des caméos tout au long de la saison dont Crystal, de la première saison de RuPaul’s drag race, la drag-queen canadienne Michelle Dubarry, considérée comme le plus âgée au monde du haut de ses 88 ans, le photographe Matt Barnes, les décorateurs d’intérieur et aniamteurs Colin McAllister et Justin Ryan, l’actrice française Raph (La Loute), l’humoriste Sabrina Jalees et le directeur artistique Hollywood Jade

La fébrilité est à son comble. La proximité que nos drags locales partagent avec son public permet à tout un pan de la population de vivre un rêve par personne interposée. Crave bénéficiera sans contredit d’une hausse importante d’abonnés afin de répondre à l’appel de Canada’s drag race. Comme le succès de RuPaul’s drag race ne se dément pas, on peut s’attendre à tout. De plus, si on se fie à ce que les juges en disent déjà, cette production est comme une « tempête silencieuse ».  Chose certaine, chaque jeudi soir dès le 2 juillet, tous les yeux seront rivés sur leurs écrans. Je vous donne donc rendez-vous tous les vendredis, au lendemain de la diffusion, afin de suivre ma couverture du concours. Uma Gahd vous convie même déjà à un viewing party virtuel comme elle l’a déjà fait avec Dragula et RuPaul’s drag race.

L’annonce des queens qui allaient concourir lors de la toute première mouture de Canada’s drag race s’est proliféré sur les médias sociaux à vitesse grand V. Cela fait déjà près d’un an que le panel de juges nous a été dévoilé. Nous avions hâte de découvrir quelles drag-queens d’un océan à l’autre allaient donner vie… Lire la suite Canada’s drag race: nous sommes prêts!

Dossier

La place des femmes dans le milieu du drag

En mode drag célébrera ses noces de bois au mois de juin prochain. Depuis ces 5 années-là, la place des femmes dans le milieu drag fut abordée sous différents aspects à travers une série de dossiers (dans l’ordre de parution) : L’ouverture aux femmes pratiquant le métier de drag-queen; Les défis liés à la « différence »; Vivre sa transition quand on est drag et; La renaissance des drag-kings et leurs défis. Toutefois, jamais une occasion de rassembler les différents points de vue en seul endroit permettant de les croiser les uns aux autres ne s’est fait auparavant. Ces dernières années, nous avons eu la chance de voir évoluer un bassin intéressant de femmes drag-queens en plus de jouir d’un retour en force des drag-kings. C’est en surfant sur cette vague que j’ai tenu à m’entretenir avec Alice Wildflower, Daisy Wood, Paloma, RV Métal, Sasha Baga, Velma Jones et Wendy Warhol qui ont toutes accepté de me partager leurs impressions sur le propos dont il est question.

Vous pouvez suivre le lien qui suit pour prendre au vote dans le cadre des Prix en mode drag.

Tout au long du présent article, il sera question de la place des femmes et non de l’ouverture. À la suite du passage de Michel Dorion à ma soirée « En mode drag » se met en mode drague le vendredi 3 avril dernier, il mentionnait que cette ouverture, elle existe depuis longtemps. Michel cumule une carrière de plus de 30 ans et il nous mentionnait que même à ses débuts, des femmes trans figuraient dans le paysage de la personnification féminine. En prenant en considération cet aspect, on doit alors davantage questionner la place que les femmes occupent aujourd’hui plutôt que d’une ouverture.

Il faut d’abord reconnaître que l’art du drag est traditionnellement masculin. Comme dans d’autres branches de métiers où cette réalité est effective, les femmes doivent faire leur place. Cette place, elles doivent la gagner non seulement auprès du public, mais également du milieu. On reconnaîtra toutefois au fil des années que la définition de drag-queen ou drag-king s’atténue de plus en plus afin de faire place à une perspective plus fluide et moins genrée face au personnage qui est endossé. Même si cet article se concentre sur la réalité des femmes, il n’en demeure pas moins que d’autres enjeux subsistent auprès de personnes qui ne se définissent comme étant ni homme ni femme dans leur vie de tous les jours. Or, cette perspective ne sera pas abordée dans cet article-ci.

Comme ce fut mentionné précédemment, nous avons statué que l’ouverture est présente depuis déjà un certain temps. Ce que nous observons toutefois en ce moment, c’est un nouvel apprivoisement du public face à la présence des femmes dans le milieu. Celle-ci s’est accentuée notamment par la présence de concours dédiés à la relève qui ont rouvert la voie, à commencer par Drag-moi, mais également Miss Cocktail et Dragwarts. Il y eut malheureusement une époque où les femmes s’adonnaient à l’art du drag, par l’intermédiaire de ces concours, dans le seul but de vivre un trip, sans toutefois se projeter dans l’avenir. Différents facteurs y sont en cause, ils seront décortiqués ici et là dans la suite du dossier.

Wendy Warhol a fait une entrée tardive dans cet univers, d’abord comme drag-queen, sous les traits d’Èva Pompidou aux côtés de la House of Laureen, puis à procédé une courte incursion comme drag-king en tant que Justin Tinderfake par l’intermédiaire du concours MX Fierté Canada, avant de finalement décider de revenir aux sources grâce à Wendy. Ce va-et-vient s’explique par le fait qu’à ses débuts, elle n’avait pas accès à d’autres modèles comme elle. Cette absence a fait émerger en elle un syndrome de l’imposteur. Il lui était alors apparu plus juste de faire carrière comme drag-king, cela s’inscrivait davantage dans une certaine « normalité ». Cette fausse impression, on l’a également fait miroiter en début de carrière à Velma Jones qui, rapidement dans son cheminement, a fait place à une autre facette de son alter ego, Johnny Jones, sans qu’elle n’ait eu le temps de finaliser le développeement de Velma. On lui a laissé entendre qu’elle perdurait plus longtemps dans le métier si elle poursuivait avec son personnage de drag-king. Considérant que Velma Jones est la seule drag-queen à avoir remporté les honneurs, tant à Drag-moi qu’à Miss Cocktail, en plus d’atteindre la finale de MX Fierté Montréal en 2018, il est dommage qu’une telle remarque lui ait été adressée. On pourrait penser à tort que ces concours ne sont pas suffisamment reconnus et qu’il s’agirait d’une réalité parallèle dans laquelle ce qui s’y déroule ne serait pas le reflet de la réalité. Pour sa part, Paloma, qui nous vient de Québec, se sentait elle aussi étrangère à cet univers qu’elle voulait joindre. Ce qui s’annonçait comme un trip d’un soir, à la suite des recommandations de son amie Lana Dalida, s’est avérée plus lucrative qu’anticipé alors que Gabry Elle l’a adoptée dès son passage aux Auditions du star tenue au bar Le Drague. Il faut avouer que dans la vieille capitale, il n’y a pas autant de modèles de femmes drags qu’à Montréal, ce qui a accentué son sentiment d’imposture. Paloma fut la gagnante de la première édition de Dragwarts et déjà, lors de la compétition, une consœur lui a laissé entendre que les femmes n’avaient pas leur place dans ce milieu.

Il faut savoir reconnaître que les concours sont à l’avant-garde sur plusieurs enjeux. Sachons y déceler leur apport important et tout ce que s’y dessine incognito, mais qui fait rapidement écho dans le reste du milieu. Même si RV Métal a opté pour le drag-king, il reconnaît le geste politique que représente la présence de femmes drag-queens. Il admire la réappropriation de la féminité que symbolise la présence de ces femmes dans ce milieu plus typiquement masculin. Il les encourage d’ailleurs à ne pas abandonner le combat, ni de le faire vaciller vers le leur. On aurait pu penser qu’une recrudescence des drag-kings, venant alors avec une émergence de femmes dans le milieu drag, allait favoriser un rapprochement pour faire front commun. Or, ce ne pas ce qui s’est passé. Même si leur présence dans les loges se manifestent sensiblement de la même manière, leur approche artistique se distingue considérablement. RV comme Velma reconnaissent qu’être drag-king leur offrent des opportunités de défendre des personnages qu’ils ne feraient pas en d’autres circonstances. Il n’en demeure pas moins que les opportunités ne se présentent pas de la même manière.

En effet, les drag-kings ont su rapidement retrouver leur place dans le paysage culturel montréalais. Toutefois, ce retour en force se distingue considérablement car on les retrouve sur plusieurs scènes d’établissements généralement destinées aux spectacles de drag-queens, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant. Rapidement, ceux-ci ont réussi à obtenir un week-end au Cabaret Mado, ce que les femmes drag-queens n’ont réussi que très récemment, sensiblement à la même période. Wendy reconnaît qu’au-delà de leur combat, le milieu du drag en est compétitif car il est contingenté. Il faut savoir se démarquer, quitte à déranger. La seule chose qui la laisse amère est sans doute le fait qu’on est plus sévère envers une femme ambitieuse qui connaît une ascension jugée « trop rapide ». Il faut bien quelqu’un qui défonce des portes pour paver la voie. C’est ce qui lui y a notamment permis d’être la première femme à performer au bar le Cocktail.

Malgré une certaine facilité dans leur intégration, RV souligne l’importante de livrer la marchandise. Il n’aurait pas autant d’opportunités s’il n’arrivait pas à offrir un produit de qualité. La confiance qu’on leur accorde, notamment à lui et son conjoint Rock Bière, s’est concrétiser au mois de mars dernier alors qu’ils étaient à la barre de Bière & Métal. C’était la seconde fois que des drag-kings menaient une soirée au sein de l’emblématique institution qui surplombe la rue Ste-Catherine, au cœur du village gai, emboîtant ainsi le pas au spectacle One erection, réunissant les membres du groupe du même nom (lire l’article sur La renaissance des drag-kings et leurs défis pour connaître de qui il s’agit) commandé par Mado Lamotte elle-même. Il s’agissait d’une soirée de financement pour leur maison de production Pleurer Dans’ Douche en vue de leur spectacle Constellations – théâtre en rafale qui, dans les circonstances, sera reporté à une date ultérieure. Ce spectacle s’est révélé comme étant bien plus qu’un spectacle pour amasser des fonds : il est devenu une forme d’open stage lors duquel des drag-kings amateurs ont pu s’approprier la scène du Cabaret Mado. Notre tandem de kings se dit fier d’avoir donner le goût à d’autres femmes de s’essayer.

À la différence des drag-kings, les femmes drag-queens ont eu à faire valoir leur place. Cela s’est manifesté de multiples façons, notamment par des soirées à thème comme Bagalicious ou le Mardi à Mado, qui leur consacraient une tribune. Même si aujourd’hui cela serait mal perçu de leur part, Daisy croit que ces épisodes étaient nécessaires. Nécessaire afin de lancer un message clair. Comme nous sommes dans une société binarisée, il fallait jouer avec le genre pour combattre la genrification. Elle reconnaît qu’étant peu nombreuses, cela les freine dans leur désir de persister. Ces soirées nichées ont eu des effets variés, à la fois de sensibilisation face à un tournant qui opère dans le milieu autant qu’un geste de solidarité entre elles pour épouser ce message. Si ces spectacles n’ont plus leur place aujourd’hui, cela s’explique de la même manière qu’un spectacle entièrement constitué de femmes humoristes ne serait pas justifié. Il faut tout simplement accepter qu’elles fassent désormais parti du paysage. Comme Velma le dénonce, il ne faut plus le prendre comme quelque chose de « cute » et de passager. Il est évident que ces femmes ont réussi à faire leur preuve. Il ne faut plus les isoler, mais reconnaître leur présence et surtout, leur apport inconditionnel.

Il y a tout un processus qui vient avec l’art du drag et il est aussi rigoureux, quelque soit le genre auquel on s’identifie. Certaines, comme Sasha et Alice, ont d’autres formes de défis qui sont venus ajouter une couche supplémentaire. D’abord, Alice a fait ses débuts comme danseuse. En basculant du côté du drag, elle devait faire oublier la danseuse en elle lorsqu’elle fait place à son alter ego car au-delà de son personnage de drag-queen, Alice poursuit ses deux carrières parallèlement. Elle veut qu’on arrive à faire la part de l’une et de l’autre. Elle figure parmi les six finalistes de la présente saison de Dragwarts dans l’équipe de Gabry Elle. Alice est en couple avec le drag-king Will Charmer. Ensemble, ils essaient de profiter de confinement de manière positive en faisant évoluer leur personnage. Ils considèrent qu’il y a quelque chose de beau dans ce processus puisqu’ils se complètent si bien avec leurs idées. Ensemble, ils représentent les deux facettes du débat que représentent leur présence dans le milieu.

Pour sa part, Sasha pratique le métier de drag depuis près d’une dizaine d’années. Malgré sa transition, son personnage est antérieur à ce processus et il ne rime pas avec son genre. Quand cela fait autant d’années que tu travailles sur un personnage, tu ne veux pas le délaisser, encore moins dans son cas. Si Sasha a réussi à entreprendre son processus de transition, c’est largement grâce à son alter ego. Sasha doit composer avec une réalité encore plus particulière du fait que, les autres qui ont vécu la même situation qu’elle, ont fini par se retirer peu à peu. Sasha fait preuve d’une force incroyable d’avoir eu a réapprivoiser son personnage car elle « ne pouvait plus » être le même genre de drag qu’elle était. Il s’agit d’une pression qu’elle s’est imposée car elle voulait notamment faire la distanciation entre elle et son personnage, ce que certains ont encore de la difficulté à faire. Son plus gros défi s’est manifesté lors du concours des Pussycat drags alors qu’elle a senti qu’il fallait qu’elle atténue sa féminité afin de cadrer dans le moule. Ce travail de tous les instants aura été favorable à la grande fan en elle des Pussycat dolls alors qu’elle a joint les rangs du drag band.

Même si Velma perçoit une certaine récession des femmes drags dans le milieu, il faut espérer que le bassin qui existe actuellement perdure et qu’il perpétue ce travail déjà entrepris. Il est évident, comme toute bataille, que ce ne sera pas toujours facile. Si cet élan de solidarité persiste et que le public continue de manifester son ouverture, on devrait aisément continuer d’avancer vers quelque chose d’encore plus beau. Nous avons déjà pu offrir un certain portrait de cette ouverture au grand public par l’intermédiaire du docu-réalité Ils de jour, elles de nuit auquel avait pris part Ladypoonana. Ce sujet est richissime et je ne peux évidemment pas tout traiter, mais j’ose espérer que ce dossier a su apporter un bel éclairage sur cette réalité. Cheers mesdames !!

 

Vous pouvez suivre Sasha Baga sur chaîne Youtube Sashanel

Wendy Warhol vous offre chaque jeudi un spectacle en Facebook live dès 20h sur sa page.

En mode drag célébrera ses noces de bois au mois de juin prochain. Depuis ces 5 années-là, la place des femmes dans le milieu drag fut abordée sous différents aspects à travers une série de dossiers (dans l’ordre de parution) : L’ouverture aux femmes pratiquant le métier de drag-queen; Les défis liés à la « différence »;… Lire la suite La place des femmes dans le milieu du drag