Dossier

La représentativité des drags dans les médias

Depuis l’éclosion de RuPaul’s drag race ces dernières années, les drags arrivent à occuper une place plus importante hors des bars. Barbada est l’une de celle qui, dernièrement, a eu le plus la chance de représenter la communauté du drag dans les médias. Malgré sa notoriété locale, celle de la communauté LGBTQ+ et du village gai de Montréal, propulsé entre autres par sa participation au docu-réalité Ils de jour, elles de nuit et sa victoire à MX Fierté Canada, c’est surtout pour sa participation à L’heure du conte dans les bibliothèques municipales qui l’a notamment menée sur le plateau de 2 hommes en or aux côtés des animateurs Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord. Outre cette entrevue, Barbada a également participé à plusieurs projets dont un segment à l’émission Format familial, des participations à ICI Première ainsi que des collaborations aux podcasts du youtuber PL Cloutier. D’après les expériences médiatiques de Barbada, j’ai voulu approfondir avec elle ce qui, à son avis, encourage les médias à vouloir maintenant faire appel davantage aux drags.

Même si c’est la lecture de contes aux enfants qui a intéressée l’équipe derrière 2 hommes en or, Barbada demeure grandement impliqué dans des projets hors des bars. Elle anime notamment des mariages, des anniversaires et autres événements en contrats privés. Cet été, par un heureux concours de circonstance, Barbada a croisé la route de la sœur de Robert Lepage, ce qui lui a permis de se retrouver à travailler tout l’été aux Grands feux Loto-Québec.

Barbada est d’avis que c’est ce genre d’occasions qui vont permettre aux drags de s’illustrer dans les médias. Malheureusement, les spectacles à grand déploiement opérer par une drag-queen comme c’est souvent le cas au Cabaret Mado et au bar le Cocktail, ce n’est pas ce qui attire l’œil des médias. Le moment de l’année où les drags sont le plus mis de l’avant est lors de Fierté grâce, notamment, au spectacle-événement Illusion et la course capotée. Ayant réussie de s’extirper des bars, Barbada a su trouver une façon de s’illustrer en dévoilant l’art du drag sous un nouvel angle.

Mado, Jimmy Moore et Barbada sont parmi celles à s’être risquer à présenter un spectacle dans une grande salle, le Gèsu, pour ne pas la nommer. Michel Dorion a même déjà présenté un spectacle hommage à Céline Dion à la Cinquième salle de la Place-des-Arts. On peut compter également Rita Baga qui n’a jamais eu peur de voir grand. Il y a quelques étés, elle présentait un spectacle de personnification au Monument national dans le cadre du Zoofest. Il s’agit dans tous les cas d’occasions idéales pour attirer les médias. Dans ce même ordre d’idées, Rita Baga présentera un nouveau spectacle, Les reines de Noël, réunissant une pléiade de nos drag-queens locales, en tournée à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau et Rouyn-Noranda du 5 au 16 décembre. Je souhaite ardemment qu’un projet aussi ambitieux qu’une comédie musicale écrite par une drag-queen, interprétée par des consœurs et qui accueille un band sur scène vienne attiser la curiosité des médias.

Il est vrai qu’il est dommage qu’on ne cherche pas davantage à démystifier l’art du drag dans sa forme primaire, d’où elle est née, mais qu’on s’attaque plutôt vers où elle s’en va. Dans l’œil du public, plus largement, cela causera une certaine incompréhension et viendra sans doute nourrir les préjugés. Lorsque le Journal de Montréal a relayé l’information selon laquelle une drag-queen allait faire la lecture de contes à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, les gens se sont mis à se ruer de commentaires désobligeants sans même jamais avoir assisté à la séance, mais surtout par préjugés stéréotypés faute de connaissances.

Une institution aussi importante que la BAnQ ne ferait pas appel à une drag-queen sans être en connaissance de cause. Barbada jouit d’une crédibilité du fait qu’elle soit enseignante au primaire et délégué syndical sous ses traits de « lui ». Au lieu de s’insurger face aux grands titres d’un média, le lecteur devrait aller plus loin et comprendrait mieux. Son parcours professionnel fait de Barbada une oratrice incroyable, capable d’articuler sa pensée, nuancer ses propos et s’exprimer fièrement. En ce sens, l’entrevue de Barbada a 2 hommes en or mérite qu’on y jette un œil.

Barbada n’est pas la seule drag-queen qui sache rendre justice à cet art de « l’ombre ». Grâce à ces personnes, l’art du drag trace tranquillement son chemin vers la lumière et bientôt, espérons-le, il ne sera tabou qu’envers ceux qui ne désirent véritablement aucune ouverture. D’ici là, il faut continuer à encourager nos drag-queens locales, et pas seulement lorsqu’elles sortent des bars. Il faut mentionner que tous ce qui fut énuméré précédemment n’est qu’à titre d’exemples et ne représente qu’un échantillonnage de tout ce qui est proposé.

 

Barbada sera de toute la tournée Les reines de Noël.

Elle anime tous les jeudis aux côtés de Gabry Elle la soirée Big, black and beautiful au bar Le Drague de Québec

Elle anime un samedi par mois Drôle de drags au bar le Cocktail.

 

Pour voir l’entrevue de Barbada à 2 hommes en or

Pour voir le segment de Barbada à Format familial

Pour voir les collaborations de Barbada aux podcasts de PL Cloutier

Pour suivre Barbada sur les médias sociaux : Facebook & Instagram

Pour en savoir davantage sur Barbada, visitez son site internet

Depuis l’éclosion de RuPaul’s drag race ces dernières années, les drags arrivent à occuper une place plus importante hors des bars. Barbada est l’une de celle qui, dernièrement, a eu le plus la chance de représenter la communauté du drag dans les médias. Malgré sa notoriété locale, celle de la communauté LGBTQ+ et du village… Lire la suite La représentativité des drags dans les médias

Dossier

Hors série |KINK: Au-delà du BDSM

La relation intrinsèque qui unie le BDSM (bondage, domination, sadisme, masochisme) au théâtre fut la porte d’entrée afin d’exploiter l’un par l’intermédiaire de l’autre. En effet, Pascale St-Onge et Frédéric Sasseville-Painchaud, eux-mêmes adeptes de ces pratiques sexuelles, ont vu en la notion de spectateur une niche vers laquelle se tourner afin de démystifier et détabouiser le BDSM. En effet, le BDSM n’existe pas sans consentement. À leurs yeux, le consentement au théâtre existe dès l’achat du billet. Grâce à leur création, KINK, présentée à l’Espace libre du 18 au 27 octobre, Pascale et Frédéric tentent de créer une ambiance en vase clos qui permet d’établir un lien entre ce que leur proposition scénique suggère et chacun des spectateurs dans la salle. Je vous invite à découvrir le compte-rendu de mon entretient avec Pascale et Frédéric sur leur approche unique pour parler du BDSM.

Il y a maintenant un peu plus de 3 ans, j’ai mis sur pied ce blogue afin de décortiquer l’art du drag. Cette tribune devint ma manière de mettre en lumière un univers connu, mais à la fois méconnu. Il s’agissait d’une manière de présenter une réalité pourtant bien établie, mais dont la représentation grand public repose essentiellement sur des idées préconçues et dépassées. Pascale et Frédéric ont trouvé grâce au théâtre une manière similaire de procéder afin de déconstruire les mentalités stéréotypées du BDSM à travers leur propre expérience. Le spectacle KINK se divise en trois temps. La première repose sur des épisodes vécues par nos deux protagonistes alors qu’ils s’initiaient aux plaisirs du BDSM. La seconde partie abonde en ce sens, mais est présenté davantage comme une suggestion afin de permettre aux spectateurs de se mettre en scène et de créer leur propre scénario. Le spectacle se conclut sur une version réinventée du classique Le petit chaperon rouge dans laquelle les rôles de pouvoir s’échangent entre le loup et le petit chaperon rouge.

Une telle initiative théâtrale ne peut exister sans de solides bases. L’essentiel de leur proposition artistique repose sur le lien de confiance qui doit s’installer entre eux et chacun des spectateurs. Cette connexion intime assure un climat de sécurité et de bienveillance de part et d’autre du quatrième mur.  Dans ce projet, le spectateur assure un rôle, sans doute le plus important : celui de voyeur. Le spectateur demeure donc actif. Non seulement l’objectif est de lui faire porter une réflexion sur sa propre vie sexuelle, mais également, de fil en aiguille, de le mettre suffisamment à l’aise pour le rendre participatif à l’action. En effet, tout au long du spectacle, le leitmotiv « veux-tu jouer avec moi ? » raisonnera. Les spectateurs auront lors de la représentation deux occasions pour se joindre à l’action. Leur implication s’axera surtout comme celle d’un dominant. L’optique n’est pas de mettre qui que ce soit mal à l’aise. Le spectateur demeure libre de ses choix. Ultimement, le but est d’en arriver à nommer son désir et non pas d’en avoir peur.

 

Et qu’en est-il du drag ?

Comme mon blogue porte sur les drag-queens, je ne pouvais pas passer à côté d’une petite comparaison entre l’art du drag et l’approche envers le spectateur de la pièce KINK puisque ceux-ci abordent d’étroits liens. Le drag est un art de l’émerveillement à travers lequel le spectateur joue un rôle crucial. Il est très important que ce dernier manifeste sa présence et sa satisfaction. De plus, il doit être ouvert à ce que l’action sur scène se transpose dans la salle puisqu’au final, il s’agit d’un immense terrain de jeu. Jusqu’où un spectateur a-t-il accordé son consentement en prenant place dans le public ? Il va de soit que la réalité des bars ne permet pas réellement d’établir un lien de confiance comme c’est le cas dans KINK.

Toutefois, le drag étant maintenant plus mainstream, les drag-queens sont appelées à sortir des bars pour faire des événements corporatifs, des mariages ou mêmes, des lectures de contes aux enfants. Dans ce contexte où l’on sort le personnage de son « milieu », ce n’est plus le spectateur qui doit apprivoiser la drag-queen, mais celle-ci qui doit apprivoiser le public. Cette inversion des rôles apporte une nuance dans la notion de consentement chez les drags. Barbada, par exemple, qui fait la lecture de contes à des enfants dans des bibliothèques municipales doit non seulement mettre en confiance les enfants, mais également les parents qui viennent assister, afin de déconstruire le mythe entourant son travail.

 

Dans un cas comme dans l’autre, il faut déboulonner les mythes. Chaque occasion est pertinente et s’inscrit dans un processus de conscientisation collective. La pièce KINK est une opportunité de découvrir le BDSM sous un autre jour, au-delà de l’iconographie véhiculée, à travers l’expérience personnelle des créateurs. Le spectacle est construit de manière à ce que le spectateur prenne conscience que, comme toute chose, il y a un éveil et que celui-ci n’arrive pas du jour au lendemain. Il y a un processus qui s’installe, puis petit à petit, on découvre. Ce processus se développe avec ses hauts et ses bas afin de connaître nos limites. Finalement, rappelons-le, il faut arriver à nommer son désir… mais surtout, de se respecter.

 

KINK – Présentée du 18 au 27 octobre à l’Espace libre

Visitez la page web de la pièce pour en connaître davantage sur le spectacle et la terminologie liée au BDSM.

La relation intrinsèque qui unie le BDSM (bondage, domination, sadisme, masochisme) au théâtre fut la porte d’entrée afin d’exploiter l’un par l’intermédiaire de l’autre. En effet, Pascale St-Onge et Frédéric Sasseville-Painchaud, eux-mêmes adeptes de ces pratiques sexuelles, ont vu en la notion de spectateur une niche vers laquelle se tourner afin de démystifier et détabouiser… Lire la suite Hors série |KINK: Au-delà du BDSM

Dossier

Hors série | L’ère Rita Baga

Le 7 septembre 2014, Rita Baga fut choisie afin de reprendre le flambeau des soirées du dimanche au Cabaret Mado suite au départ de Dream vers la vieille capitale. Le mandat était d’envergure puisque depuis les 8 années précédentes, le dimanche portait la signature de Dream. Rita Baga a rapidement imposé le ton qu’elle voulait donner aux dimanches : une soirée plus house durant laquelle les gens bougent et que le fun soit au rendez-vous. Bagalicious a connu certaines transformations au fil des ans afin de se raffiner davantage et de répondre aux attentes du public. Rita Baga cède désormais sa soirée à des collègues qu’elle estime, mais surtout des amies, soit Gisèle Lullaby, Tracy Trash et Marla Deer. Cette passation symbolise la confiance qui fut accordée à Rita Baga puisque, après 30 ans d’animation le mardi, dont 16 depuis l’ouverture du cabaret, Mado lui cède les reines de la soirée qui l’a vu naître. En moins d’une semaine, Rita Baga faisait le deuil de 4 années d’animation du dimanche et devenait l’emblème du renouveau avec la reprise de la formule du mardi. Je vous invite à revisiter le parcours de Rita Baga ces dernières années à travers mon œil afin de vous illustrer que l’ère Rita Baga est bel et bien réel.

Tout comme en télévision, il est difficile de faire perdurer un concept. Le public est nostalgique, en effet, mais se tanne rapidement. Il est important de renouveler l’offre pour le garder accrocher. La force de Rita lors de ses 4 années aux commandes du dimanche fut d’avoir été à l’écoute de son public et d’adapter sa soirée en fonction de ses goûts, sans toutefois dénaturer le style ni la formule. Le Cabaret Mado a enregistré un taux d’entrées avoisinant les 350 personnes dimanche dernier, démontrant certainement le succès qu’ a connu Bagalicious auprès du public.

Les 4 années où Rita Baga fut à l’animation du dimanche coïncidait avec l’éclosion de celle-ci un peu partout. Les projets ne cessaient de pleuvoir pour celle que l’on s’amuse à surnommer « l’enfant chérie du village ». Rita Baga a eu la chance d’être l’une des drag-queens séniors dans le cadre du docu-réalité Ils de jours, elles de nuit relayé sur ICI ARTV, d’animer le spectacle Drag superstars lors de la 1ère édition de Fierté Canada à Montréal, d’être la tête d’affiche du spectacle de clôture du méga T-Dance en 2016, de présenter le spectacle Stars – La nuit des sosies au Monument national dans le cadre du Zoofest, d’offrir un spectacle spécial pour la St-Valentin avec James Majesty, A bloody valetine, d’animer le spectacle Drag superstars – édition hivernale au cabaret du Casino de Montréal et de prendre part au spectacle de la mi-temps du spectacle Drag superstars aux côtés de Michel Dorion, Manny, Miss Butterfly et Franky Dee cette année lors de Fierté Montréal en plus d’avoir mis sur pied le plus gros concours de drags au Canada avec MX Fierté et d’avoir ressuscité le gala des drags dans une formule revampée en collaboration avec le bar le Cocktail… et j’en passe.

Toutes ces réalisations témoignent sans contredit que Rita Baga est l’une des grandes parmi les grandes. La décision de Mado de céder sa convoitée soirée du mardi à Rita Baga est loin d’être un pari risqué. Déjà la soirée d’hier où la passation de la clé du mardi s’est faite mettait la table sur l’ambiance qui va régner lors de ces soirées. Elle-même nostalgique, Rita Baga a profité de la popularité du mardi pour ramener des éléments qui ont faits les beaux jours à ses débuts dont le bar à shooter. Des nouveautés débarquent également, on peut penser au nouvel éclairage qui surplombe la salle, l’absence de tables pour conserver une ambiance plus festive, une équipe renouvelée à chaque semaine, des shooter girls invitées ainsi que des DJs de renoms dont certains n’ont jamais mis les pieds au Cabaret Mado ou même, dans le village. À son image, le public a été sollicité tant dans les suggestions pour donner une nouvelle touche à la soirée que pour le nom des nouveaux mardis. À ce propos, elle n’a pas encore trouvé la perle rare. Cette initiative a fait l’objet d’un concours sponsorisé sur la page du Cabaret Mado. Les suggestions qui s’y trouvent méritent un petit 5 minutes pour aller en faire la lecture histoire de rigoler un bon coup.

Je vous invite à suivre Rita Baga dans sa nouvelle aventure tous les mardis dès 22h45. Pour connaître ses autres projets, vous pouvez la suivre sur instagram et Facebook.

 

Le 7 septembre 2014, Rita Baga fut choisie afin de reprendre le flambeau des soirées du dimanche au Cabaret Mado suite au départ de Dream vers la vieille capitale. Le mandat était d’envergure puisque depuis les 8 années précédentes, le dimanche portait la signature de Dream. Rita Baga a rapidement imposé le ton qu’elle voulait… Lire la suite Hors série | L’ère Rita Baga

Dossier

MTL Queens

La couverture des activités LGBTQ+ dans son ensemble n’est pas très présente. De surcroît, le milieu du drag en souffre également. Certains médias tels que le Fugues et LGBT in the city l’abordent occasionnellement, mais n’en font pas une spécialité. Depuis près de deux ans, deux jeunes femmes ont développé MTL Queen : une page Facebook et un compte Instagram ayant pour mission de relater au quotidien tout ce qui se fait dans les principaux établissements qui présentent des spectacles de drag-queen, du District vidéo lounge au complexe Sky, en passant par le café Cléopâtre, le bar le Cocktail et le Cabaret Mado. Cette plateforme, très visuelle par son contenu photo et vidéo, s’inscrit comme un parfait complément à mon blogue. L’initiative de Bruna Florio et Daphnée Schryve est née après avoir cumulé très rapidement plusieurs vidéos. Leur projet est à l’image des comptes Twitter que les fans de RuPaul’s drag race alimentent, meublés d’extraits d’émissions, de gif et de photos. Bruna sortait déjà pour assister à Bagalicious quand son amie Zinc s’est inscrite à Drag-moi. Outre ce rendez-vous hebdomadaire auquel nos deux intéressées prenaient part, elles se donnaient rendez-vous également chaque jeudi à Deux folles en or que menaient Michel Dorion et Miss Butterfly. À cette époque, leur connaissance du milieu du drag ne se limitait qu’à ce que RuPaul’s drag race proposait. Depuis qu’elles ont lancé MTL Queens, leur perception du milieu a grandement cheminée. C’est cet aspect que j’ai voulu approfondir lors de notre entretient. Je vous invite à découvrir les conclusions qu’elles ont tirées depuis qu’elles ne sont plus que de simples spectatrices.

Comme pour une majorité de personnes qui ne fréquentent pas le village, la seule drag-queen qui arrive à faire écho auprès d’elle est Mado. Bruna et Daphnée n’en faisaient pas exception. Depuis qu’elles couvrent de plus près la scène drag, d’autres personnalités se sont révélées à elles telles que Rita Baga et Miss Butterfly. Depuis qu’elles sont en âge de sortir, la chose qui les a le plus accroché est l’univers du drag. Ainsi, tous les soirs, elles ratissent le village afin d’assister au plus de spectacles de drags qu’elles peuvent. MTL Queens est le prétexte qu’elles se sont donné afin de partager leur expérience au plus grand nombre de personnes.

Pour Bruna et Daphnée, ce projet n’est pas éphémère. Elles lui souhaitent une longue vie. Elles prévoient d’ailleurs décliner leur offre autrement, notamment sur Youtube par le biais de vlogues, dans les coulisses, ou encore un podcast, sous forme d’entrevues. Elles s’inspireraient de ce que Gisèle Lullaby a fait lors de la dernière saison de Drag-moi alors qu’elle filmait beaucoup de contenu et agrippait les drags au passage dans les coulisses. Elles feraient des vidéos afin de jeter un regard différent sur leur quotidien, leur style de vie, quand elles sortent dans les bars.

Les conclusions qu’elles retirent du milieu du drag n’est pas tant le manque de couverture, mais le manque de connaissance de l’utilisation des médias sociaux par les drags. Il y a plusieurs manières de s’y prendre pour attirer son lot d’abonnées, mais ce ne sont pas toutes les drags qui savent s’y prendre. Pour elles, la contrainte linguistique liée au français crée une barrière pour d’éventuelles ouvertures. À leurs yeux, Uma Gahd est la drag-queen qui englobe le mieux ces deux réalités : elle est anglophone, donc elle arrive à ratisser plus large, et son marketing sur les médias sociaux est au point. Bruna et Daphnée sont elles-mêmes anglophones, leur réseau social l’est tout autant. Elles affirment que leur intérêt pour les drag-queens locales est né grâce à RuPaul drag’s race. Il en va de même pour leurs amis. Or, ceux-ci sont principalement anglophones et ne sont en mesure d’apprécier autant la scène drag montréalaise.

Outre les difficultés liées à la langue, elles ont été ravies de constater la proximité que peut avoir le public avec les drag-queens ici. Même si elles sont du public, elles ont l’impression de faire partie de la famille. Elles ont été accueillies par le milieu. Il y a eu une véritable connexion entre elles et Miss Butterfly ainsi que Rita Baga qui sont devenues de véritables inspirations. Avant de fréquenter d’aussi près la scène drag à Montréal, pour elles, le look était l’élément le plus important. Depuis, elles sont d’avis que c’est surtout l’énergie. Certaines drag-queens ne sont pas ce qu’on appelle des drags à look, ou encore, abordent des styles différents, moins « standards », c’est pourquoi l’énergie qu’elles dégagent devient plus important.

Il s’agit d’un court aperçu d’un travail au quotidien que Bruna et Daphnée font. Je vous invite donc à aller voir leur travail en suivant leur page Facebook et leur compte Instagram… et par la bande, je vous invite vous aussi à aller encourager nos drag-queens locales. #SupportOurLocalQueens

La couverture des activités LGBTQ+ dans son ensemble n’est pas très présente. De surcroît, le milieu du drag en souffre également. Certains médias tels que le Fugues et LGBT in the city l’abordent occasionnellement, mais n’en font pas une spécialité. Depuis près de deux ans, deux jeunes femmes ont développé MTL Queen : une page Facebook et… Lire la suite MTL Queens

Dossier

L’alter ego

Le terme alter ego fait écho principalement, dans la culture populaire, à l’univers des super-héros où les Bruce Wayne, Clark Kent et autres du même acabit revêtissent leurs costumes pour sauver le monde. Toutefois, dans ce cas-ci, tant le personnage et l’alter ego sont une pure création de l’imaginaire d’un individu. Chez les drags, cet alter ego prend naissance chez la personne qui revêt les traits d’un personnage qu’elle a elle-même développée pour le transposer sur scène, comme une extension de soi. En fait, le terme alter ego se définit comme un « autre moi », ouvrant la voie pour un invidu à mener une vie parallèle à la sienne sous les traits de ce personnage. Pour approfondir la réflexion, je me suis entretenu avec Vee Valentine, une jeune drag-queen issue de la récente coorte de Drag-moi, Phoenix Vyxen, dont le perosnnage est particulièrement défini et qui performe dans le milieu depuis plus d’une décennie, ainsi que Wendy Warhol qui, depuis ses débuts, a revu à plusieurs reprises l’identité de son alter ego. Chacun à leur manière avait un point de vue intéressant à apporter sur la question de l’alter ego. Il faut mentionner qu’il n’y a pas de réponse définitive. Ce qui sera soulevé ultérieurement relève d’un point de vue personnel.

Au moment de débuter sa carrière de drag, Phoenix n’était pas étrangère au milieu. Pour elle, le motif principal était surtout une manière d’allier ses intérêts orientés vers la scène. Elle avait déjà un parcours en danse et en art dramatique qu’elle voulait continuer d’assouvir. L’opportunité de faire de la scène en tant que drag-queen s’est présentée à elle. C’est ainsi qu’elle donna naissance à son alter ego. Il faut avouer que le personnage de Phoenix est considéré comme étant plus en marge que ce qui fait habituellement. C’était pour elle une manière d’extérioriser ses « démons intérieurs». Même si dans sa vie de tous les jours, elle n’est pas une personne dite trash, son expression scénique l’est.

La carrière de Wendy Warhol s’était d’abord amorcée comme bio-queen. C’était une époque de sa vie où elle ne s’assumait pas comme tel. C’est alors qu’est né Justin Tinderfake, un drag-king, avec qui elle a fait un bout de chemin. C’est sous les traits de ce personnage qu’elle a brisé de nombreuses barrières, notamment comme seul drag-king à s’être rendu en semi-finale de MX Fierté Canada et premier drag-king salarié du Cabaret Mado. Or, il s’agissait d’un retour d’ascenseur pour Wendy qui, à ce moment, toujours avec l’identité de Justin, devenu Insanity entre temps, ne ressentait plus la motivation qui l’animait à ses débuts. Elle se sentait à nouveau imposteur, mais cette fois-ci, envers elle-même et ce qu’elle avait véritablement envie d’explorer d’un point de vue artistique.

Contrairement à ses premières identités, lorsque celle de Wendy est née, le concept était clair et les contours du personnage était déjà dessinés. Wendy est devenu l’expression bien personnelle de celle qui l’incarne sur scène des influences colorées et éclatées du Pop art. Wendy se considère comme une personne créative dont les occupations dans la vie personnelle ne rejoignent pas son côté créatif. Wendy s’est alors révélé comme porte d’entrée dans l’expression de sa créativité. Pour Wendy, la création est quelque chose d’important qu’il ne faut surtout pas refouler. Depuis l’acceptation de cette identité, les projets ne cessent de se succéder, les uns plus intéressants que les autres. Cela provient de la confiance que Wendy confère à celle qui l’incarne.Il y a entre l’être humain et le personnage un échange mutuel qui sert tant l’un dans la vie de tous les jours que l’autre dans ses projets, sa création et ses performances. Wendy qualifie cela comme un « échappatoire avec un contrôle », c’est-à-dire une drogue qui nous enivre pour sur laquelle on arrive à maintenir le dessus.
Pour sa part, Vee Valentine aborde la drag comme « une manière de vivre les réalités physiques et émotionnelles» qui ne lui sont pas accessibles socialement lorsque perçu comme un homme. Sa réflexion va au-delà de l’émancipation artistique. Pour elle, « les dynamiques interpersonnelles de tous les jours sont fortement imprégnées par la sexualité », c’est-à-dire que lorsque la nôtre est située à l’extérieur de la norme, « il est facile de se retrouver dans une position où l’on ne peut s’exprimer de manière adéquate ». Il va de soi que dans un tel contexte, « la métamorphose physique et le jeu de perception qui en découle ouvrent une porte » où tout l’aspect lié aux drag-queens entre en ligne de compte puisqu’il célèbre les attributs qui chez l’homme efféminé causent malaise.

C’est ayant en tête l’ensemble de ce qui fut élaboré précédemment que Vee Valentine a pris part à Drag-moi. Le concours lui a fait prendre conscience de l’importance des connexions organiques à la base du contenu artistique. Pour elle, l’identité et la santé mentale à travers les œuvres artistiques sont primordiales tant sur scène que dans leur représentations sur les les médias sociaux. «Le fait de vivre à l’extérieur de la norme sociale nous pousse souvent à remettre en question notre genre, notre sexualité, et notre raison d’être», c’est ainsi pour elle qu’ en tant que communauté LGBTQ+, « il est de notre devoir de nous supporter les uns les autres afin que chacun ait l’opportunité d’exprimer ses anxiétés et de retrouver sa personne à travers les caractéristiques qu’elle ou il partage avec les autres ». Dans ce contexte, la notion de l’alter ego prend une proportion plus large que la simple extension de soi. L’alter ego relèverait davantage de quelque chose de collectif pour lequel tous et chacun aurait un rôle à jouer.

Comme il le fut mentionné précédemment, l’alter ego est encore une notion incomplète. Chacun en fait l’interprétation qu’il veut puisque le personnage qui naît ne soi n’a d’autre maître que nous-même. Il ne répond qu’au profil que nous lui dessinons. Toutefois, s’il y a une chose de certaine est que ces personnages méritent la notoriété qu’ils n’ont malheureusement pas toujours. L’alter ego est l’élément qui mène sans doute le drag au-delà de la simple expression de l’art puisque ce personnage qui est incarné ne disparaîtra jamais, il est l’extension de nous-même.

Le terme alter ego fait écho principalement, dans la culture populaire, à l'univers des super-héros où les Bruce Wayne, Clark Kent et autres du même acabit revêtissent leurs costumes pour sauver le monde. Toutefois, dans ce cas-ci, tant le personnage et l'alter ego sont une pure création de l'imaginaire d'un individu. Chez les drags, cet… Lire la suite L’alter ego

Dossier

Hors série | En mode drag – 3ème anniversaire: Vu de l’intérieur, ce qu’elles disent

Depuis mes tout débuts dans le milieu -et ce, même si je suis encore très nouvelle- Philippe a été d’une grande générosité envers moi. Tant sur son site que par ses médias sociaux en passant par sa soirée En Mode Drag se met en mode drague, je me suis fait offrir une place pour parler de mon art, de comment je le vois maintenant et où je veux l’amener.

En tant que seule plateforme 100% dédiée au monde de la drag à Montréal (voire au Québec !), je suis heureuse de voir à quel point Philippe donne de son temps pour offrir de la couverture médiatique aux drags. Bien que notre monde devienne de plus en plus mainstream (merci RPDR), il est toujours important, pour le public, de se rappeler que les drags locales sont tout aussi -sinon plus- importantes.

Finalement, ce que j’aime d’En Mode Drag c’est la diversité du contenu. Des dossiers complets en passant par les critiques de spectacles ou encore les discussions, il y en a pour tous les goûts !

Longue vie à En Mode Drag et bravo pour tout, Philippe!

– Wendy Warhol

 

J’aime beaucoup lire les articles de En mode drag particulièrement les comptes rendus des deux éditions de MX. Philippe est très dévoué et attentif dans le milieu de la drag montréalaise. Les commentaires sont pertinents et mettent toujours en valeur les forces de chaque artiste !

– Sandy Hart

 

Ce blog arrive à point, où le besoin de faire connaître les différents envers de décors, de production, de processus de création ont envie de se montrer au grand jour. Combien de fois, des étudiants sont venus nous voir pour faire un reportage/travail sur notre univers. Bien maintenant avec En Mode Drag, c’est en continu, presque en direct!

Un œil extérieur sur les métiers qui entourent les drags, un regard, un commentaire critique qui devient de plus en plus aiguisé au fil du temps. Une présence qui vient valider le travail fait sur scène et derrière scène, pour démontrer au public et aux intéressés, les passions et tout le travail qui sont impliqués dans un spectacle Drag avec ses hauts et ses bas.

Ce blog est représentatif d’une réalité, de notre réalité qui, j’espère aide à ouvrir les esprits, démystifie le métier, combat les préjugés, trace un portrait humain de ce qui se passe dans le monde de la drag.

Il n’y a jamais eu, à ma connaissance, en près de 20ans de carrière, une personne qui par sa présence soutenue et impliquée, fait des comptes rendus régulièrement sur notre monde. Il n’y a jamais eu de publications sérieuses et plus intimes sur le métier et ce qui l’entoure.

Donc voilà pourquoi, à mon avis, que le bloque En Mode Drag est important pour la communauté drag mais, surtout à ceux qui en démontre un curieux intérêt, et ceux aussi qui voudrait en faire partie. C’est une bonne façon d’avoir accès facilement, de manière virtuelle, à tout de ce que cet univers fascinant est comme métier et tout çà, à partir d’une simple tablette ou de son cellulaire.

Le monde de la drag au bout de ses doigts!

– Érica

 

Philippe a mis sur pied un blogue qui permet une belle vitrine pour les drags. Il s’agit d’une bonne ressource pour le public pour en apprendre un peu plus sur nous. Durant les concours MX Fierté Canada Pride et MX Fierté Montréal, ces comptes rendus furent très utiles afin de suivre  « à distance » la compétition.

– Rita Baga

Depuis mes tout débuts dans le milieu -et ce, même si je suis encore très nouvelle- Philippe a été d'une grande générosité envers moi. Tant sur son site que par ses médias sociaux en passant par sa soirée En Mode Drag se met en mode drague, je me suis fait offrir une place pour parler… Lire la suite Hors série | En mode drag – 3ème anniversaire: Vu de l’intérieur, ce qu’elles disent

Dossier

Drag-moi: l’héritage

La populaire soirée Drag-moi, propulsée par Marla Deer, reprend du service pour sa toute première édition all stars réunissant  des candidates des sept premières saisons parmi lesquelles on retrouve Amy Haze, Anaconda La Sabrosa, Bambi Dextrous, Daisy Woods, Darleen, Kelly Torrieli, Miss Daniels Vyxen, Peach, Peggy Sue, Petula Claque, Phoenix Vyxen, Ruby Lamotte & Uma Gahd.  Marla a réussi l’exploit de faire perdurer son concept dans le temps en le renouvelant à chaque nouvelle saison. Si au départ elle avait choisi ses premières concurrentes par souci d’attirer du public en offrant un minimum de calibre, les choses ont grandement changées depuis avec un nombre incroyable de volotainres, prêts à venir affronter les juges en audition. Ce qui frappe lorsqu’on compare Drag-moi entre ses débuts et maintenant est toute la notion d’école. En effet, les candidats qui se présentent aux auditions maintenant sont beaucoup plus prêts qu’ils ne l’étaient lors de la 2ème édition. Afin d’illustrer le parcours de cette compétition au fil des ans, j’ai décidé de vous offrir un dossier hebdomadaire où, à chaque semaine, une drag de l’actuelle édition vous partagera quel héritage elle a gardé de son passage à Drag-moi dans sa carrière et quelles sont ses attentes faces au all stars.

 

DARLEEN

34061937_1180026235467638_4711640348470804480_n

Lors de la première saison, c’est Marla qui a choisi ses participantes au sein de ses amis. Je venais de finir un DEC en Théâtre et j’avais un besoin de faire de la scène et Drag-moi semblait être une bonne opportunité.  Drag-moi, et de surcroît  être drag-queen en général, m’a permis de grandir et dans apprendre plus sur moi-même. J’ai également pu rencontrer de nouvelles personnes qui font maintenant parti de mon réseau d’amis. 
On apprend énormément sur sois-même. Le milieu des drag-queens est rempli de caractère fort et de grosse personnalité qu’on doit apprendre à gérer. Ça nous force à plus penser aux réactions de nos actions.
Comme Marlaa voulu que j’embarque dans l’aventure lors de la saison 1, je me suis dit que je devais le faire aussi  all stars en la forçant de me prendre. Je voulais relever de nouveaux défis et Dieu sait qu’il y en a eu.  Je m’attendais à des défis plus spécifique et plus difficiles et, je vous l’assure, j’ai été servie. Du burlesque jusqu’à écrire une chanson et la chanter live, nous avons tout fait.
Cette expérience a été haute en émotions. J’ai d’ailleurs eu un break down à la semaine look alike. Le monde ne le sait pas, mais nous avons tous un autre travail de jour et d’autre spectacles que celui-ci. Ça été extrêmement excigeant pour le corps et l’esprit. Mais tous mes efforts ont été récompensés car je me retrouve dans le top 4 avec une chance de remporter le tout aux côtés de Miss Daniels Vyxen, Ruby et Uma Gahd.

 

AMY HAZE

33897393_1180026265467635_518933947455897600_n

Il y a déjà de ça quelques années, Marla m’avait approché avec son concept de Drag-moi : l’Université. L’idée d’un concours amical entre copines m’avait plu et je me disais que ce serait un beau revirement dans ma carrière de me lancer à moi-même des défis hebdomadaires plus farfelus les uns que les autres. J’ai découvert au sein de cette compétition une Amy Haze pleine de ressources et de surprises! En fait, j’ai appris en même temps que le public que je savais faire de l’humour et qu’en plus, c’était drôle ! Cet aspect du personnage n’avait jamais été stimulé avant Drag-moi et je dois dire que j’y ai pris un malin plaisir. Drag-moi : l’Université m’a ouvert les portes à d’autres styles et univers que je n’avais jamais expérimenté avant et que je n’aurais peut-être non plus jamais expérimenter. J’ai senti que mon personnage était plus complet, plus polyvalent.
ET LÀ ! Marla qui revient en force avec cette conception d’un tout nouveau Drag-Moi… ALL STARS ! Bon, alors là, on a déjà envie d’accepter l’invitation parce que ça nous accrde automatiquement le titre de STAR ! Et surtout, quand j’ai vu qui embarquait dans le bateau, j’étais surexitée! Là , la compétition allait être tout aussi amicale, mais féroce! De vraies bêtes de scène, de costumes, de maquillages ! Je me disais que le défi serait d’autant plus grand parce que mes opposantes étaient de taille, mais j’étais emballée. Ce n’est pas un secret que je me suis graduellement retirée des scènes depuis quelques années, et j’avais ici l’opportunité d’offrir un retour en force. Et puisque la scène me manquait, ce fut sur-le-champs que j’ai accepté de relever défi. Je m’attends à ce que la compétition soit de taille avec le titre de l’évènement ! Je veux nous voir nous surprendre et nous surpasser chaque semaine, donner le meilleur de nous, devant vous, pour vous! Mes seules appréhensions sont de ne pas être à la hauteur de certains défis (on s’entend que Marla semble parfois développer ses concepts après avoir mangé une crème de champignons magiques! ), sinon je ne crains rien. J’ai hâte de retrouver mon groupes de cinglées à chaque semaine et de délirer avec elles. Cette belle énergie de famille me manque et je compte bien profiter de Drag-Moi : All Stars pour passer du bon temps entre amies.
Cette édition de Drag-Moi sera probablement l’une de mes dernieres grosses implications de scène, alors je veux profiter de chaque instant. Et je vous suggère de venir en profiter avec nous!

–  Amy Haze

MISS DANIELS VYXEN

32089845_1167755850028010_75798763955814400_n

I was part of drag moi season 4 which was a pure coincidence. I was strongly invited by certain drag queens to do the contest and being someone who loves challenges and loves pushing herself further and further I accepted the offer right away. Having never done drag in my life, I had one week to find a stage name and to put together a number. Miss Daniels the troubled child was born. Drag moi changed a lot of things for me on a personal level. Being an EXTREMELY shy person, drag moi definitely helped me with my confidence. It helped me come out of my shell and figure out who I was as an artist and as a person. That year was a very difficult one for me and I found a beyond amazing family amongst my drag colleagues that I strongly needed and I hope they know how much they helped me. With a new self confidence and my supportive drag moi family, I had the courage to come out during my season of drag moi. SURPRISE I’M GAY!!!!!!

I decided to take part in drag moi all stars because I needed to feel that rush again. The rush of stepping out of my comfort zone. The rush of doing huge drag makeups and the stress of achieving a concept, costumes and mini challenges in only a week. I needed to be put back into that atmosphere to reconnect me with my passion and make me love what I do even more. I have a hunger to learn and grow more and more and I still have a lot to learn. To anyone who is hesitating to do drag moi, I say go for it even if it scares you or makes you nervous !!!!!

Yours truly with lots of babypowder

– Miss Daaaaaaaaniels Vyxen 😉

RUBY LAMOTTE

31298663_10155473097723663_8216223161088212992_n

Ruby est issue de la 4ème édition de Drag-moi. Originaire d’un petit patelin (Maniwaki) où il n’y avait guère d’activités LGBTQ, Ruby est arrivée à Montréal en retrait de toute l’effervescence l’entourant. C’est donc par un heureux hasard que son immersion dans le milieu des drag-queens s’est jouée. En effet, à l’époque, Ruby était la collègue de Kitana chez Priape et cette dernière la talonnait afin qu’elle fasse un numéro.

Cette occasion finalement présentée lors d’un spectacle anniversaire pour Kitana. C’est à ce moment que Marla Deer a repéré Ruby. Marla lui a offert de s’inscrire pour la saison de Drag-moi qui allait avoir lieu l’automne suivant. Ruby a accepté le le défi afin de pouvoir se dire “au moins, je l’aurai fait”.

Le parcours de Ruby à Drag-moi n’aura pas été vain puisqu’à l’issue du concours, Mado elle-même lui a offert de l’adopter, près de 10 ans après avoir de même avec Dream. Consciente de la chance qu’elle avait, Ruby a tout même pris la décision de se retirer pour des raisons personnelles.

Malgré qu’elle soit retirée, Ruby n’a jamais vraiment été absente puisqu’elle aura collaborer en coulisses auprès de plusieurs drag-queens dont Marla, Érica et Kitana. Mado a d’ailleurs toujours respecté cette de décision de Ruby et s’est révélée très heureuse de la savoir de retour… non seulement pour Drag-moi all stars, mais sur une base régulière.

Lorsque RuPaul a offert sa première édition de RuPaul’s drag race all stars, Ruby a approché Marla en lui mentionnant son désir d’y prendre si une telle occasion de se présentait pour Drag-moi. C’est donc en catimini des autres candidates que Marla et Ruby ont orchestrés la campagne publicitaire annonçant la participation de Ruby à cette édition all stars.

Cette fois-ci, Ruby prend part au concours surtout afin de se prouver à elle-même qu’elle est capable de le faire. Elle reconnaît qu’il s’agit d’une occasion parfaite pour sortir de sa zone de confort. Après quelques années d’absence, son personnage gagne à se développer et à se renouveler. Elle souhaite une connaissance à l’extrême des avenues qu’elle peut emprunter avec son alter ego. Toutes ces perspectives sauront lui ouvrir des portes et ce qu’elle se souhaite avec ce retour sur scène.

ANACONDA LA SABROSA

32190838_1167755950028000_5249914804243529728_n

Drag-moi a été une très belle aventure dans mon cas. Cette aventure m’a permis de créer des liens avec d’autres drags qui vivaient le bonheur (et l’enfer) de créer un nouveau numéro chaque semaine en respectant une thématique différente. J’ai appris à connaître d’autres drags avec qui j’allais partager la scène dans un futur proche. J’y ai vécu des joies et des peines. J’ai ri, j’ai pleuré, j’’ai sacré, je suis devenue folle et sereine, Mais le plus important dans mon expérience à Drag-moi est que ça m’a vraiment fait tomber en amour avec la scène et ça m’a aidé à passer à travers une période difficile de ma vie remplie de remises en questions. Drag-moi m’a aussi permis de réaliser (ou concrétiser) mes forces et  mes faiblesses, d’aller plus du côté de la comédie et du théâtre. Le fait d’y avoir participé m’a aidé à me faire connaître par tout un public du Village qui me connaissait peu auparavant (on s’entend qu’avant de faire Drag-moi, j’avais fait 8 spectacles en 2 ans).

– Anaconda La Sabrosa

DAISY WOOD

31282860_1159188164218112_3004301841221699214_n

 Daisy Wood est née il y a de ça seulement un an et demi, mais elle a toujours été en moi. J’ai toujours aimé me costumer. L’Halloween était la fête la plus importante de l’année. Je commençais à planifier mon déguisement des mois à l’avance. Quand j’avais 18-19 ans, je portais des perruques pour aller danser. Enfant, je faisais du lipsinc sur les Spice Girls devant mon miroir.

J’ai toujours aimé m’exprimer au-delà des stéréotypes de genre. Au secondaire, j’ai étudié en théâtre. Quand des rôles masculins m’intéressaient, je voulais avoir le droit d’auditionner pour ces personnages. Je ne comprenais pas pourquoi des filles devaient jouer des filles, pourquoi des gars devaient jouer des gars.

Quand j’ai commencé à faire de l’impro au Cabaret Mado, je me suis fait plusieurs amis Drag-Queens. Puisque j’avais déjà fait de la danse et que je savais jouer, je participais aux numéros des autres. Jusqu’au jour où Marla m’a pris par le bras et m’a dit « Bon là on va arrêter de niaiser, tu vas auditionner pour Drag Moi ». C’est là que j’ai embarqué dans l’aventure et que Daisy est née.

Je savais pas me maquiller, j’avais pas de belles perruques. Laissez-moi vous dire que je faisais dur. Mais le plaisir, l’énergie et la curiosité étaient au rendez-vous. Toute ma vie on m’a dit que j’étais un peu décalée, un peu « too much ». Pour la première fois, on me disait « Wow c’est cool, tu pourrais en mettre plus même »!

Grâce à Drag moi, grâce à mes copines du Mado, j’ai découvert une forme d’art qui me fait du bien, qui me permet de me découvrir, d’aller au bout de moi-même. Je peux être belle, laide, conne, weird, pétillante, épeurante, tout est permis. À travers des défis qui nous sortent de notre zone de confort et avec l’aide des juges, on apprend vite. De plus, je remercie toutes les drags qui m’ont conseillé depuis le début. Daisy n’aurait pas continué à performer si l’ambiance n’était pas aussi chaleureuse avec les autres Drags.

Ce que Drag moi m’a apporté?
-Une plateforme complète pour m’exprimer artistiquement
– De la confiance en moi
– des amiEs

Daisy a bien hâte de découvrir ce que lui apportera Drag Moi All Star. WATCH OUT! 😉

– Daisy Wood

La populaire soirée Drag-moi, propulsée par Marla Deer, reprend du service pour sa toute première édition all stars réunissant  des candidates des sept premières saisons parmi lesquelles on retrouve Amy Haze, Anaconda La Sabrosa, Bambi Dextrous, Daisy Woods, Darleen, Kelly Torrieli, Miss Daniels Vyxen, Peach, Peggy Sue, Petula Claque, Phoenix Vyxen, Ruby Lamotte & Uma Gahd. … Lire la suite Drag-moi: l’héritage

Dossier

L’homoparentalité chez les drag-queens d’après l’histoire de Coco Martiny

Il est vrai qu’il est peu commun chez les drag-queens d’avoir des enfants. Or, l’homoparentalité adopte différente forme et cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’histoires chez les drag-queens. Afin d’aborder la question tout en demeurant dans le créneau de mon blogue, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Coco Martiny, l’un des rares exemples d’homoparentalité chez les drags. Elle a gentiement accepté de se dévoiler sur sa situation familiale ainsi que son parcours, relativement à son rôle de père homosexuel, avec franchise et ouverture. Son histoire lui appartient et ne reflète évidemment pas tous les scénarios, mais demeure un regard intéressant afin de survoler cette réalité. Je vous invite à entrer dans l’intimité de Coco et de vous laisser inspirer par son histoire.

Coco est originaire de Québec. C’est là-bas qu’elle y a fait la rencontre de celle qui allait devenir la mère de ses deux enfants, aujourd’hui âgés de 26 et 28 ans. Au terme de leur relation, Coco a eu besoin de quelques années de recul avant d’avouer son homosexualité. Ce n’est toutefois pas son orientation sexuelle qui était en cause dans la rupture avec son ex-conjointe. C’est après avoir fait la rencontre d’un costumier que l’éveil à sa sexualité s’est fait et de sucroît, son intérêt pour l’univers des drag-queens.

En effet, le costumier dont elle a fait la rencontre employait des gens dans son atelier qui, pour la plupart, pratiquaient le métier de drag-queen en marge de leur occupation principale. C’est à force de côtoyer ces employés que l’intérêt pour la drag s’est dévelopé chez Coco. Cela  s’est malheureusement fait au détriment de son couple puisque son conjoint se voyait dans une relation avec ce qu’il qualifiait de « vrai gars. » Coco est demeuré à l’écoute de ses pulsions. Elle a donc choisi la voie du monde de la nuit.

Son immersion s’est amorcée où trône actuellement le bar le St-Matthew’s avant de se transporter au bar le Drague. Sa carrière à Québc se sera échelonnée sur un peu plus de 10 ans avant de la mener vers Montréal depuis les 7 dernières annés. C’est ici qu’elle fit la rencontre de son conjoint actuel avec qui elle forme un tandem du tonnerre. Étant designer de mode, il permet à Coco de pouvoir développer son personnage en l’aidant à la garder au goût du jour sans toutefois trahir l’esprit du personnage.

Si on fait un calcul rapide, Coco est devenu drag-queen après la naissance de ses enfants. Depuis sa rupture avec son ex-conjointe, Coco voyait ses enfants une semaine sur deux. Le fait de ne pas avoir la garde de ses enfants à temps plein lui a permis d’accorder davantage de place à Coco dans sa vie. Coco est d’avis que les choses n’auraient sans doute pas été différentes si elle avait eu ses enfants à temps complet sinon peut-être une plus grande ouverture. Avant son coming out, et même l’annonce qu’elle était drag-queen, Coco a toujours tenu à ce que ses enfants soient ouverts. En ce sens, elle les a déjà emmené à un défilé de la Fierté. C’était sans doute également une façon de les protéger du conservatisme de sa mère de qui son fils n’a pas pu être épargné. Malgré tout, en bas âge, le fils de Coco s’est amusé à imiter son père.

Néanmoins, l’ouverture dans la famille provient davantage de la fille de Coco. Même si l’un et l’autre sont allé la voir en spectacle, le fils de Coco n’a pas cherché à renouveler l’expérience alors que sa fille continue de l’encourager à chacun de ses passages à Québec. La fille de Coco valorise la hobbie de son père. Elle le respecte dans ses intérêts artistiques. À l’époque, les spectacles étaient filmés. Coco a donc pu se servir de ce matériel pour le montrer à ses enfants avant qu’ils ne viennent la voir pour la première fois. Coco se définit comme un livre ouvert. En ce sens, ce premier pas était nécessaire et allait de soi. Elle leur a même déjà ouvert les portes de sa loge afin que ses enfants soient témoins du processus qui transformait leur père en Coco. Malgré l’amour que Coco porte à ses enfants, jamais ils ne seront en cause dans la fin de sa carrière. Elle reconnaît qu’ils ont chacun leur vie et vice versa. Ils ne sont plus à l’âge d’avoir une telle incidence sur la suite des choses.

Depuis ses débuts il y a près de 20 ans, Coco aura su amalgamer les multiples facettes de sa vie tout en résistant à l’emprise que cherchaient à avoir son ex-conjointe par l’intermédiaire de ses enfants sur ses choix de vie. La fierté qu’elle éprouve pour ses enfants aura teinté son animation en mettant de l’avant son rôle de père, ce qui est plutôt unique. Je ne peux qu’être reconnaissant envers Coco Martiny pour son chaleureux témoignage. En espérant que ce portrait sache être inspirant.

Il est vrai qu'il est peu commun chez les drag-queens d'avoir des enfants. Or, l'homoparentalité adopte différente forme et cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas d'histoires chez les drag-queens. Afin d'aborder la question tout en demeurant dans le créneau de mon blogue, j'ai eu la chance de m'entretenir avec Coco Martiny, l'un des… Lire la suite L’homoparentalité chez les drag-queens d’après l’histoire de Coco Martiny

Dossier

La représentativité des drags sur internet

Outre certains médias spécialisés sur les activités LGBTQ+, rares sont ceux qui ont mis de l’avant la communauté des drags au Québec si ce n’est que lors de Fierté ou d’événements de grande envergure tels que le spectacle Mado’s got talent lors du festival Juste pour rire par exemple. Heureusement, l’année 2017 aura été particulièrement riche et aura permis de faire rayonner les drags au-delà des frontières du village gai de Montréal. La docu-réalité Ils de jours, elle de nuit relayé sur ICI ARTV, la participation de Barbada à l’Heure du conte à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, les 30 ans de carrière de Mado Lamotte et la première édition du Fierté Canada Montréal auront été tant de circonstances pour attirer le regard d’autres médias. Toutefois, si l’on fait abstraction de tout ce qui été énoncé précédemment, la représentativité des drags sur internet demeure médiocre. Comme tel, il n’existe que très peu d’articles consacrés aux drags. J’ai voulu approfondir cette question avec Michael David Miller, bibliothécaire en littérature française et études LGBTQ+ à la bibliothèque de l’Université McGill ainsi que responsable des soirées contributives à Wikipédia, un événement mensuel organisé à la Bibliothèque à livres ouverts du centre communautaire LGBTQ+ de Montréal.

Afin d’illustrer le propos, mettons-nous dans la peau d’une personne, étrangère à l’univers des drags, qui par un soir d’été, décide de prendre une marche dans le village. Cette personne aboutit par hasard au bar le Cocktail, attirée par la splendeur de sa terrasse. Le soir venu, elle remarque qu’il se trame quelque chose à l’intérieur. Elle entre par curiosité puis tombe sur un spectacle de drag-queens. Happée par ce qu’elle voit, la personne retient le nom de l’une des artistes. Une fois à la maison, le personne fait une recherche rapide sur internet afin d’en apprendre davantage sur la dite drag-queen. Constat: elle ne trouve rien si ce n’est que la page Facebook et le compte Instagram de cette dernière.

Michael a décidé de mettre sur pied les soirées contributives à Wikipédia après s’être aperçu de l’absence d’informations sur les pages francophones de Wikipédia au sujet d’événements, de personnalités, de lieux et de faits historiques relatifs à la communauté LGBTQ+. Son initiative est née à la suite d’une activité similaire dans le cadre de Wikimania, un événement lors duquel une douzaine de personnes ont contribué à la rédaction d’un article sur les 30 ans de carrière de Mado. Après autant d’année dans le métier, un cabaret à son nom et une statut de cire à son effigie au Musée Grévin, il n’y avait encore rien d’exhaustif sur Wikipédia pour témoigner de celle que l’on surnomme la « reine des nuits de Montréal ». Suite à cela, il s’est donné pour mandat d’enrichir l’offre grâce à la collaboration des gens du public qui ont le même soucis face à notre mémoire collective. Cette réalité est d’autant plus vraie en ce qui concerne les drag-queens lorsqu’on sait que d’autres grands noms du monde de la nuit du village gai de Montréal tels que Madame Simone, Tante Gaby ou encore Sheena Hershey n’ont guère de page. Il devient donc difficile pour notre communauté de porter un regard lucide sur l’avenir si une part de notre passé ne figure pas là où l’information est le plus accessible.

Michael soulève toutefois la problématique qu’impose Wikipédia avec l’obligation de citer des sources secondaires. Comme on parle très peu des drag-queens dans nos médias, cela amplifie le défi quand vient le temps de créer une page. Grâce aux événements énumérés en introduction survenus en 2017 qui ont grandement contribués à la visibilité des drag-queens, il sera possible d’alimenter certaines pages, notamment pour Rita Baga et Barbada, qui ont joui d’une couverture médiatique suffisante au cours de la dernière année, afin de rédiger des articles sur elles. Michael soulève le fait que, contrairement aux drag-queens du reste du Canada, nos drag-queens locales ont la chance d’avoir une culture qui leur est propre puisqu’elles ne sont pas en compétition avec les drag-queens de RuPaul’s drag race. L’émission a certainement été un tremplin pour le milieu, il y aura sans doute toujours des comparaisons, mais il demeura toujours un avantage pour nos drags d’ici.

On dénonce souvent les deux solitudes qui subsistent à Montréal. Malheureusement, elles sont aussi présentes sur Wikipédia. En effet, les pages anglophones orientées vers les réalités LGBTQ+ sont plus nourries que celles francophones. Il faut arriver à un certain équilibre en s’assurant d’une traduction systématique à chaque nouvelle parution, qu’elle soit dans la langue de Molière ou de Shakespeare. En s’y mettant tous, on arrivera sans doute à changer la mauvaise perception que les gens se font de notre communauté. De plus, si on continue à soutenir nos médias locaux LGBTQ+, si on met en lumière ce qui est plus dans l’ombre, si on encourage notre communauté locale et qu’on accepte le fait que nous sommes tous des joueurs de notre communauté, nous arriverons à notre objectif. L’initiative de Michael de transiger cette initiative par Wikipédia fait écho bien plus largement. Ultimement, en ce qui touche les drag-queens, c’est d’arriver à ce qu’on les reconnaisse au-delà des clichés auxquels elles sont prisonnières malgré elles mais qui, grâce à des initiatives spontanées ici et là, tendent à changer.

Si vous avez envie de vous impliquer auprès des soirées contributives à Wikipédia, joignez-vous à Michael et les autres lors des deux prochaines séances qui se tiendront les mercredi 11 avril et 23 mai à la Bibliothèque à livres ouverts au centre communautaire LGBTQ+ de Montréal. N’hésitez pas à soulever la problématique de la représentativité de notre communauté sur internet et de partager cet article.

Outre certains médias spécialisés sur les activités LGBTQ+, rares sont ceux qui ont mis de l'avant la communauté des drags au Québec si ce n'est que lors de Fierté ou d'événements de grande envergure tels que le spectacle Mado's got talent lors du festival Juste pour rire par exemple. Heureusement, l'année 2017 aura été particulièrement… Lire la suite La représentativité des drags sur internet

Dossier

Série |Les coulisses du spectacle d’Aladdin avec Kelly Torrieli

À l’aube de ses 12 ans de carrière, Kelly Torrieli a voulu se mettre au défi en mettant sur pied un spectacle d’envergure. En effet, Kelly proposera jeudi le 27 septembre prochain un spectacle articulé autour d’Aladdin, un amalgame entre le premier film des studios Disney et le musical présenté sur Broadway. Les chansons seront tirées du musical alors que les répliques le seront du film. Le tout sera couronné d’un heureux mélange des personnages afin de maximiser le nombre d’artistes qui pourront s’investir dans le spectacle. Ce projet, Kelly le chapeaute aux côtés de la grande manitou Marla Deer. J’aurai le loisir de suivre pour vous les coulisses de cet événement. Dans ce premier article, il s’agit essentiellement de mettre en perspective la genèse du projet et où elles en sont rendu à ce stade-ci.

Le projet a dérivé de l’intention de Kelly d’offrir un numéro sur la chanson Friend like me dans le cadre du spectacle extérieur Illusion que présente Michel Dorion à chaque été lors de Fierté.  Kelly a découvert cette chanson après être tombé par hasard sur le musical d’Aladdin. Ce fut un coup de foudre instantanné. Après en avoir discuté avec Marla, Kelly s’est aperçu qu’il y avait davantage de potentiel autour de cette chanson qu’un simple numéro. C’est alors que Marla a encouragé Kelly à se lancer dans la mise sur pied d’un spectacle complet sur Aladdin. N’étant pas étrangère à l’implication de Marla lorsque vient le temps de développer des spectacles à concepts tels que les lectures publiques du coeur a ses raisons, le spectacle sur l’univers de Disney ou encore une soirée thématique Americam horror story, Kelly a jugé bon de réquisitionner l’aide de Marla pour ce projet.

Parmi ses idées de grandeur, Kelly a tenu à faire un casting sauvage afin de recruter ses  acteurs principaux. À l’issu de ces auditions, ce sont Bobépine et Petula Claque qui ont respectivement obtenus les rôles d’Aladdin et de Jasmine. Avant que le processus de sélction ne soit officiellement enclenché, Kelly et Marla avaient certaines personnes en tête. Elles ont été agréablement surprises par ceux et celles qui ont auditionnés. Pour sa part, Kelly s’est accordé le rôle du Génie. Une part importante du défi que représente le spectacle pour Kelly réside en ce personnage. Elle cherchait à se challanger. Elle a toujours eu un intérêt marqué pour le personnage ainsi que pour son interprète, le regretté Robin Williams. La charge de travail pour aller chercher toutes les nuances de ce coloré personnage s’annonce colossale, mais la détermination est au rendez-vous. Parmi les autres personnalités qui seront de la distribution, on sait jusqu’à maintenant qu’il y aura Tracy Trash (Jafar), Marla Deer (Yago), Anaconda La Sabrosa (le sultant) ainsi que Mamma Denise, Krystela Fame et Darleen qui incarneront les meilleurs amis d’Aladdin d’après le musical.

Kelly savait partinemment qu’il lui était impossible de trouver un casting complet de la bonne nationalité. Elle a donc ouvert les rôles à tous. Elle ne veut pas que son projet soit perçu commme de l’appropriation culturelle, mais bien comme une célébration de cette culture. Elle veut que le public ait à l’esprit son coeur d’enfant, qu’il soit ennivré par l’univers, les personnages et les chansons. La crainte est là, mais Kelly est persuadée que le public adhèrera à sa proposition. En faisant équipe avec Marla, elle sait qu’elle est entre de bonnes mains. Elle perçoit son spectacle comme l’un des plus grands projets jamais présentés au Cabaret Mado. L’ambition y est, il reste à voir comment le tout se dévelopera au fil des mois. Heureusement, j’y serai pour décortiquer tous les aspects de ce projet. La série d’articles sera l’occasion de découvrir toutes les subtilités du milieu des drags à travers un projet rassembleur. J’ai bien hâte de vous faire découvrir comment se déclinera ces articles.

Je lève d’entrée de jeu mon chapeau à Kelly qui, en plus de ce spectacle, présentera son spectacle Sorry not sorry sur Demi Lovato au Cabaret Mado le jeudi 15 mars prochain en plus de prendre part à la saison All star de Drag-moi.

À l'aube de ses 12 ans de carrière, Kelly Torrieli a voulu se mettre au défi en mettant sur pied un spectacle d'envergure. En effet, Kelly proposera jeudi le 27 septembre prochain un spectacle articulé autour d'Aladdin, un amalgame entre le premier film des studios Disney et le musical présenté sur Broadway. Les chansons seront… Lire la suite Série |Les coulisses du spectacle d’Aladdin avec Kelly Torrieli