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La renaissance des drag-kings & leurs défis

Depuis les dernières années, la scène montréalaise jouit de la renaissance des drag-kings grâce à de fiers représentants qui ont su redorer l’image de cette profession laissée trop longtemps dans l’ombre. C’est dans le décor enchanteur du Café Reine Garçon, situé sur le Plateau-Mont-Royal, que Charli Deville, Will Charmer et Rock Bière m’ont donné rendez-vous afin de discuter de ce phénomène qui sévit dans l’univers du drag de manière positive. Je vous invite à prendre connaissance du compte-rendu de cet entretien.

À lire aussi: Entrevue avec Velma Jones & Justin Tinderfake – femme drag queen vs king

À lire aussi: On dira ce qu’on voudra: Comment les drag-kings subvertissent le patriarcat 

Avant toute chose, laissez-moi vous dresser un court portait des drag-kings qui ont collaboré à cet article.

 

CHARLI DEVILLE

 

C’est à l’issue du concours King of kingz, en 2018, que la carrière de Charli Deville a démarrée. Dès ce soir-là, Charli fut adopté par Uma Gahd, joignant du même coup les rangs de la House of Laureen, hôtesse du concours.

Charli s’était lancé dans l’aventure sans aucune attente. Sa participation au concours était non seulement sa première expérience scénique, mais également son premier contact avec l’univers des drag-kings. À sa grande surprise, la salle était comble au moment de concourir à King of kingz.

La suite des choses s’est présentée d’elle-même. À ce jour, Charli peut se targuer d’être à la barre de la seule soirée exclusivement dédiée aux drag-kings au Québec. À raison d’une fois par mois, Charli anime la soirée Man Spread au Wiggle Room.

Charli fut également retenu comme élève lors de la 10ème saison de Drag-moi au Cabaret Mado. L’été dernier, à l’occasion de Fierté Montréal, il eut la chance d’être l’une des têtes d’affiche du spectacle de la mi-temps de l’événement phare du festival, Drag Superstar, aux côtés de Rita Baga, Barbada & Jimmy Moore.

 

WILL CHARMER

Gradué de la 9ème saison de Drag-moi, Will Charmer a marqué l’imaginaire en devenant le premier drag-king à décrocher une place dans le populaire concours-école. Will a également marqué un grand coup en devenant le premier drag-king à s’être vu attribuer un contrat de fin de semaine au Cabaret Mado.

Rapidement, Will a trouvé refuge au sein de l’emblématique famille Deer en se faisant adopter par Marla Deer, gagnante la dernière édition de MX Fierté Montréal.

Ce qui interpella Will dans l’univers du drag est l’amalgame de tous ses intérêts, allant du théâtre à la création de concepts. Depuis peu, Will a migré vers la vieille capitale où il a la chance de performer au sein de l’équipe du bar Le Drague. Ce cabaret-spectacle met davantage de l’avant de grosses productions d’inspiration théâtrale ou de style musical que ses homologues montréalais.

Sa présence au bar Le Drague aura inspiré le jeune Penito à participer aux Auditions d’une star menées par Sitvy en tant que drag-king, ouvrant ainsi la voie à une relève locale.

 

ROCK BIÈRE

Issu de la même cohorte que Charli, Rock Bière marqua l’aventure Drag-moi en devenant le premier drag-king à mettre la main sur la couronne.

Il fut repéré par l’humoriste Thomas Leblanc lors de sa saison, le menant à participer à un hommage queer à Éric Lapointe intitulé Petit cuir dans le cadre du Zoofest en marge du festival Juste Pour Rire.

Innocent face à l’univers qu’il convoitait, Rock Bière a ensuite enchaîné les concours de drag-kings. En quête d’expérience, il prit part lui aussi à King of Kingz, la même année que Will Charmer, lors de laquelle Charli était juge, ainsi qu’à Sherby King Race au défunt Grands-Ducs-de-Wellington de Sherbrooke.

C’est un grand tourbillon qui a suivi sa victoire à Drag-moi. Rock Bière a notamment offert un numéro dans le cadre du spectacle-événement Illusion, chapeauté par Michel Dorion, lors de Fierté Montréal l’été dernier. Il fut également le premier drag-king, aux côtés de sa douce moitié, RV Métal, à offrir une prestation au camping Domaine de la Fierté, un camping exclusivement réservé aux hommes.

Il travaille actuellement sur un spectacle intitulé Rock Bière : le documentaire que nous attendons pour l’automne 2020. Un projet ambitieux pour lequel Rock a tenu une soirée de financement dans la dernière année.

 

LES OBSERVATIONS

L’art du drag-king se révèle plus autodidacte que ce ne l’est pour les drag-queens. D’abord, il y a peu de représentation locale de qui s’inspirer. Ceux qui ont débuté dans le métier ces dernières années agissent aujourd’hui comme références pour ceux qui suivront. Leurs récentes opportunités leur ont permis d’atteindre un statut plus mainstream, ce qui n’était pas le cas au paravent.

Parmi les autres difficultés rencontrées, on peut penser à la quasi absence de tutoriel sur internet. Toute la technique entourant les rudiments sur le makeup ou encore, savoir comment camoufler ses seins, se font par un système d’essais et d’erreurs. Afin de palier à cette lacune, Charli a commencé à offrir des vidéos sur YouTube dans l’optique d’aider son prochain.

Charli souligne que, comparativement à nos drag-queens locales qui souffrent de la comparaison grandissante de leur équivalentes américainse, en raison du succès de la télé-réalité RuPaul’s Drag Race, les drag-kings arrivent à s’en défaire. En effet, comme leur existence demeure plus méconnue, même à l’intérieur de la communauté au sein de laquelle ils évoluent, les comparatifs sont moins évidents.

Will nuance toutefois en soulignant que malgré tout, certaines attentes subsistent, notamment en ce qui concerne le look. Les drag-queens américaines ont imposé un certain standard duquel il est difficile de se défaire. L’un des défis qu’il a rencontré en début de carrière est la limitation de ses costumes. Il a rapidement senti le besoin de se grailler en ce sens afin de se prévaloir d’un plus large éventail de choix pour ne pas qu’on lui reproche d’être redondant. Wendy Warhol, feu Justin Tinderfake, l’a beaucoup aider à se ravitailler lorsqu’elle arrêter de faire du drag-king, chose pour laquelle Will lui est encore extrêmement reconnaissant.

Malgré les standards sous-jacents imposés par leur univers sœur, les drag-kings présents ces dernières années cherchent à ne pas se catégoriser dans un genre distinct et fermé. La soirée que mène Charli Deville est une porte ouverte à tous les types de drag-kings lors de laquelle ils peuvent flirter à la fois avec le politique, le burlesque ou encore l’androgynie.

La présence des drag-kings a proliféré au moment où ils ont été traités à leur juste valeur, c’est-à-dire plus que des featuring performance dans des numéros de drag-queens. Lorsqu’on reconnaît leur unicité et, comme le souligne Rock Bière, en considérant le renouveau du registre musical qu’ils insufflent, on remarque rapidement toute la pertinence de leur présence dans le paysage culturel.

Les drag-kings ont obtenu le support d’alliés forts tels que Mado, qui leur a non seulement ouvert la voie en leur accordant des contrats de fin de semaine, mais en leur offrant des opportunités d’envergures.

En effet, l’été dernier, Mado les a conviés à livrer un numéro lors de son spectacle Extravaganza présenté dans le cadre de Juste Pour Rire. Une communauté de drag-kings montréalais est réunie sous la bannière One érection, un groupe parodique dont le nom fait écho au groupe One direction, formé en alternance de Charli Deville, Will Charmer et Rock Bière, mais également de Johnny Jones, Miss Daniels Vyxen et Daisy Wood.

Autrement, la clé est de provoquer ses opportunités. C’est ce sur quoi Rock Bière mise et cela lui a rapporté. En tant que comédien de formation, c’est ce qu’il a appris. Il tend à appliquer cette réalité d’un univers à l’autre. Le pire qu’il puisse arriver est un refus, mais on ne pourra jamais lui reprocher de ne pas avoir essayé.

Il y a tant à dire sur le sujet… tout ce qu’on peut dire, c’est qu’on est bien content qu’ils soient de retour plus officiellement dans notre paysage culturel.

 

La prochaine soirée Man Spread – spéciale Halloween se tiendra le samedi 24 octobre au Wiggle room en compagnie de Denim Pussy, MX Macbeth, Natasha Nebila, Pythia & Uma Gahd.

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Charli Deville et Rock Bière vous attende le mercredi 2 octobre prochain avec les autres gradués de la 10ème saison de Drag-moi, Eva Moist, Kiara, Lana Dalida, Mademoiselle De, Manu Sirius & Matante Alex, avant le dévoilement des candidats de cette nouvelle saison.

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Par ici pour suivre sur Facebook…

Charli Deville

Will Charmer

Rock Bière

 

Crédit photo de couverture: Jihef photos

Depuis les dernières années, la scène montréalaise jouit de la renaissance des drag-kings grâce à de fiers représentants qui ont su redorer l’image de cette profession laissée trop longtemps dans l’ombre. C’est dans le décor enchanteur du Café Reine Garçon, situé sur le Plateau-Mont-Royal, que Charli Deville, Will Charmer et Rock Bière m’ont donné rendez-vous… Lire la suite La renaissance des drag-kings & leurs défis

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Vivre sa transition quand on est drag

Suite à une expérience concluante dans le cadre de l’événement GAYment à La Ronde où elle y performe la chanson Feedback de Janet Jackson, ce sera officiellement en 2011 que Sasha Baga démarrera sa carrière comme drag-queen au défunt Drugstore.  Près de 2 ans plus tard, Sasha est invitée en audition à Dream académie. Ce sera le début d’une longue histoire d’amour avec le Cabaret Mado qui ne dérougit pas. Après près d’une décennie à faire raisonner son nom sur la scène drag, la dernière année fut particulièrement gratifiante pour Sasha alors qu’elle complétait le podium lors de la dernière édition du concours MX Fierté Montréal en plus d’être retenue afin de joindre la troupe des Pussycat drags et d’avoir la chance de clôturer Fierté avec un numéro enflammé lors du T-Dance. Entre ce début de carrière et ces événements des derniers mois, Sasha a eu à composer avec sa dysphorie de genre, ce qui la mènera à entreprendre le processus de transition. Sasha a accepté de revenir avec moi sur les défis qu’elle a rencontré liés à sa transition alors qu’elle évolue en tant que drag-queen.

 

C’est en 1985 qu’un certain Benoît Boucher-Godmer voit le jour dans la charmante municipalité d’Amos en Abitibi-Témiscamingue. Dans une vidéo diffusée récemment sur sa chaîne Youtube Sashanel, Sasha révèle que son questionnement d’identité de genre date d’un bon moment déjà, mais que celui-ci fut réprimé en bas âge, sans toutefois que ce ne soit de mauvaise foi de la part de ses parents. Ce n’est qu’à ses débuts comme drag-queen que Sasha développe un engouement pour les vêtements féminins. En fait, dès l’adolescence, Sasha cesse de porter des pantalons pour garçons. Le fait d’être drag-queen le conforte dans ses choix vestimentaires, la rendant même plus à l’aise d’arborer certains looks jugés plus féminins dans sa vie de tous les jours.

 

En début de carrière, Sasha cherchait à avoir un personnage qui se distinguerait par sa féminité, pour qui le makeup serait plus atténué, moins marqué à gros traits. Le fait de se faire complimenter tant par ses consœurs de scène que le public accentuait cette volonté de demeurer dans cette veine. C’est à cette époque que le questionnement d’identité de genre a récidivé… mais cette fois-ci, il allait s’installer jusqu’à éclore officiellement en 2016, année lors de laquelle Sasha a entrepris les démarches en vue de sa transition.

 

Sasha a pris la décision audacieuse de prendre son nom de scène comme prénom usuel. Elle explique ce choix du fait que, depuis son début de carrière, ce nom, elle se l’est approprié. C’est grâce à Sasha Baga que Sasha Boucher-Godmer est devenue la personne qu’elle est. De cette manière, Sasha perdurera dans le temps et survivra au personnage de scène une fois que sa carrière sera terminée.

 

Ce choix lui aura fait réaliser la différence entre Sasha Boucher-Godmer et Sasha Baga. Elle s’en est servi pour établir qu’elles étaient désormais les limites que Sasha Baga ne pouvait plus franchir sur scène. Elle a trouvé l’équilibre entre elle et son alter ego.

 

Afin d’établir davantage la distinction entre elle et son personnage de scène, Sasha a redéfinit certains aspects de ce dernier. Elle aborde désormais son alter ego avec plus d’extravagance, elle lui fait prendre plus de risque, elle le rend plus comique, se risque davantage et s’amuse beaucoup plus avec son mekeup. Ces décisions étaient nécessaires car autrement, il y avait trop de similitude, tant dans l’attitude que dans les looks de l’une et l’autre.

 

Sasha aborde le drag comme un métier. Le fait d’être en transition n’allait d’aucune façon la faire arrêter. Évidemment, elle a rencontré des défis qu’elle a su surmonter et adapter. Au final, cela n’aura servi qu’à parfaire son alter ego et la rendre meilleure. Sasha est une artiste qui vit pour la scène, elle ne saurait s’en détacher. Il est essentiel pour elle de faire du spectacle car c’est son moteur, c’est lui qui permet de se challenger au quotidien.

 

 

Vous pouvez suivre Sasha Baga sur sa chaîne Youtube

Vous pouvez également suivre Sasha sur Facebook & Instagram.

Sasha sera à la barre de la soirée Sashalicious le jeudi 5 septembre prochain.

Suite à une expérience concluante dans le cadre de l’événement GAYment à La Ronde où elle y performe la chanson Feedback de Janet Jackson, ce sera officiellement en 2011 que Sasha Baga démarrera sa carrière comme drag-queen au défunt Drugstore.  Près de 2 ans plus tard, Sasha est invitée en audition à Dream académie. Ce… Lire la suite Vivre sa transition quand on est drag

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Drag race Canada

Depuis 2009, après 11 saisons régulières, l’émission RuPaul’s drag race continue d’attiser l’intérêt. En effet, depuis 2016, l’animatrice et investigatrice de cette télé-réalité d’envergure, RuPaul, a réussi un tour du chapeau en mettant la main sur 3 trophées Emmy en autant de nomination. Nous verrons cet automne si la tendance s’essoufflera… ou pas. L’annonce avait été faite qu’une version britannique verrait le jour, mais nous apprenions plus récemment que la chaîne en streaming Crave de la société Bell Média en collaboration avec Out.TV allait lancer prochainement une version canadienne intitulée Drag race Canada. Pour le moment, nous n’en savons que très sinon que la série se déclinera en 10 épisodes d’une heure. L’identité de la personne qui animera ainsi que les juges n’ont pas été divulgués. L’émission tournée à Toronto sera produite par Blue Ant Studios. Depuis maintenant 4 ans, j’ai la chance de couvrir l’univers du drag à Montréal, c’est pourquoi j’ai décidé d’offrir un petit diagnostic sur les chances qu’ont nos drag-queens locales de trouver leur place dans cette édition pancanadienne.

Avant toute chose, je souhaite que la version qui verra le jour chez nous sache faire la place aux différents types de drag-queens qui s’adonnent à cet art de la scène. La diversité est perceptible et ce serait dommages que la production se limite. Le piège dans lequel elle pourrait tomber est de sombrer dans un faible pastiche de ce qu’est la version originale sans prendre en considération la réalité d’ici et l’effervescente offre qui existe. Comme mon blogue ne ratisse pas aussi largement, je me contenterai de faire la promotion de celles qui proviennent de notre Belle Province car j’espère qu’elles occuperont une place de choix dans cette compétition colorée.

Plusieurs drag-queens établies qui travaillent depuis un bon nombre d’années méritent leur place dans cette compétition. On peut penser notamment à des légendes de la trempe de Michel Dorion ou Manny qui, après plusieurs décennies dans le métier, continuent de parfaire leur alter ego, de se tenir au goût du jour et de prendre des risques. On peut également penser à des piliers tels que Barbada, Tracy Trash et Marla Deer, toutes élues MX Fierté respectivement en 2017, 2018 et 2019. Ce sont des artistes créatives, audacieuses et travaillantes. Les efforts déployés par plusieurs de nos drag-queens afin d’élargir leur expertise au-delà de la scène comme l’ont fait Rita Baga, Miss Butterfly et Gisèle Lullaby avec notamment des productions originales hors de la communauté LGBTQ+ ou encore des chaînes Youtube méritent d’être souligner. Une fois la compétition terminée, on s’attend à ce que leur victoire ne se limite pas qu’à un titre, mais qu’il leur permettre de briser de nouvelles barrières. Ces drags ont déjà mis la table… accueillons le reste des convives. À ce propos, on salue l’annonce de Rita Baga à titre de collaboratrice à l’émission de fin de soirée estivale Bonsoir, bonsoir diffusée à ICI Radio-Canada télé dès le mois d’août ainsi que le passage remarqué de Barbada sur le plateau de Y’a du monde à mess chauffé par Christian Bégin sur les ondes des Télé-Québec.

Il faut aussi miser sur la diversité, permettre notamment à des drag-queens trans bourrées de talent telle que Sasha Baga d’avoir leur place, à des bio-queens qui ne cessent de surprendre comme Velma Jones et Wendy Warhol et même à des drag-kings dont plusieurs sont parvenu à redonner les lettres de noblesse à cette profession. On peut penser à Charli Deville ou encore Rock Bière. Il ne faut pas non plus avoir peur de faire place à des artistes marginaux ou ceux aux univers déjantés à l’image (tellement variée) de Heaven Genderck, Uma Gahd, LaDrag On-Fly, Petula Claque, Gina Gates ou encore Matante Alex. Des drags de relève pour qui leur jeune carrière ne laisse personne indifférente, de Kiara à Aizysse, en passant par Bobépine et Viola von Venom… plusieurs ont leur chance.

Si la version canadienne repose sur la même formule que la version américaine, il ne faudrait pas oublier parmi nos drags celles qui font preuve de polyvalence en s’adonnant à la coiffe de perruque ou à la confection de costume. Il nous faudrait alors des Peach, Ruby Doll ou Érica pour challenger les autres concurrentes avec des créations renversantes.

Si l’on s’intéresse à la polyvalence sous un autre angle, on pourrait le voir aussi du côté des talents artistiques divers que peuvent avoir les drags. Dans cette optique, on peut penser à des drag-queens comme Gabry Elle qui chante, ayant même été de la récente saison de La Voix à TVA, comme Rainbow qui fait flirtent avec le cirque et le burlesque ou encore Scarlett Business, une contorsionniste.

Différents défis de la populaire émission comme le traditionnel Snatch game, dont la formule a trouvé refuge jusqu’à la Fête Arc-en-ciel de Québec, nécessite d’avoir des drag-queens pour qui la comédie est une seconde nature. Les style d’humour sont tellement variés qu’on peut penser à bon nombre de nos drags telles qu’Anaconda La Sabrosa, Bambi Dextrous, Darleen, Kelly Torrieli, Kitana, Prudence, Sandy Hart et j’en passe.

Nous avons également un bassin de drag-queens qui provoquent « l’effet wow » dès qu’elles posent le pied sur scène que ce soit par leur makeup, leur prestance ou la magnificence de leur costume. En ce sens, je pense notamment à des drag-queens telles que Phoenix Vyxen, Krystella Fame, Adriana ou encore Peggy Sue.

Bref, je tiens à réitérer que je souhaite toute l’ouverture qui s’impose dans cette compétition… les drag-queens mentionnées précédemment ne sont que des exemples. Il y en a tant d’autres qui auraient leur place. Je ne suis pas la police du talent. MX Fierté et Drag moi all stars, notamment, ont démontrés qu’un contexte de compétition arrive à changer la donne et surprendre. Afin de ne pas influencer le regard que je pose sur nos drags locales, je ne suis pas intéressé plus qu’il ne le fallait au phénomène RuPaul’s drag race. J’ai toutefois accordé à ce qui se fait ici tout l’intérêt qui soit… ce dont je fais mention dans ce billet, je le pense vraiment. Quel que soit la représentation des drag-queens québécoises dans cette adaptation nationale, je serai à l’écoute.

Depuis 2009, après 11 saisons régulières, l’émission RuPaul’s drag race continue d’attiser l’intérêt. En effet, depuis 2016, l’animatrice et investigatrice de cette télé-réalité d’envergure, RuPaul, a réussi un tour du chapeau en mettant la main sur 3 trophées Emmy en autant de nomination. Nous verrons cet automne si la tendance s’essoufflera… ou pas. L’annonce avait… Lire la suite Drag race Canada

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Les drags à l’ère des médias sociaux

Depuis les dernières années, l’utilisation des médias sociaux est grandissante. La communauté drag n’y fait pas exception. Matante Alex, Uma Gahd et la gagnante du prix miss réseaux sociaux lors du récent gala des drags, Wendy Warhol, ont accepté de se prononcer sur l’impact et l’utilisation de ceux-ci dans leur carrière respective. De Facebook à Instagram, je décortique avec elles différents thèmes relatifs aux médias sociaux. Je vous invite à découvrir le compte-rendu de leurs réponses.

 

Toutes les trois faisaient déjà usage des médias sociaux avant d’entamer leur carrière comme drag. Matante Alex, par exemple, le faisait de manière récréative à l’adolescence. Elle utilisait Instagram afin de mettre de l’avant ses projets tel un portfolio virtuel. Son utilisation aujourd’hui n’a pas tellement changé si ce n’est un usage mieux calculé. Ainsi, elle peut prendre la distance nécessaire sur son travail et accueillir la critique afin de s’améliorer.

Toutes s’entendent pour dire qu’Instagram est le média social à exploiter car il repose sur le visuel et permet une meilleure diffusion dû à la régulation de son algorithme. Matante Alex et Wendy Warhol l’utilisent comme un vaste terrain de jeu dans lequel elles peuvent puiser leur inspiration. Comme le souligne Matante Alex, il ne faut toutefois pas sombrer dans la course aux followers en publiant continuellement, mais de plutôt opter pour du contenu de qualité, même s’il n’est pas régulier. En ce sens, Uma Gahd, en tant que productrice de spectacle, ajoute que dans son cas, il ne lui est pas nécessaire de ratisser aussi large. Avoir plusieurs followers implique qu’ils proviennent de partout à travers le monde. Si on prend les médias sociaux dans l’optique de s’en servir pour la promotion de spectacles, vaut mieux avoir moins de gens qui nous suivent, mais que ceux qu’on a soit le public ciblé. Étant consciente que les spectacles qu’elle propose sont présentés à Montréal, Uma Gahd cherche à contenir son audience.

Pour Wendy, Instagram l’a aidé à développer des looks et faire des rencontres. Elle rappelle d’ailleurs de ne jamais négliger l’aspect « social » d’un média social. Il faut prendre le temps d’interagir avec les autres : suivre et s’intéresser aux autres, aimer les commentaires, répondre aux abonnés tant dans les commentaires qu’en messages privés, etc. C’est grâce à ce vaste réseau que Wendy a récemment décroché une opportunité à Vancouver. C’est là d’ailleurs qu’elle y a faire la rencontre de celle qui deviendra sa mère drag, Mina Mercury. Elle accorde cette réussite aux médias sociaux sans quoi, cette rencontre n’aurait jamais eu lieu. Pour sa part, Matante Alex a réussi à obtenir la reconnaissance d’autres artistes à travers le monde sur ce qu’elle fait. Ce fut un facteur déterminant pour sa confiance qui, grâce à cela, a pris du galon. Cela lui a permis de se dépasser et de pousser son art plus loin, d’être plus créative et d’oser davantage. Grâce à cette confiance, elle a pu collaborer avec les drags Yuhua Hamasaki de RuPaul’s drag race et Victoria Elizabeth Black de Dragula lors de leur passage à Montréal.

De son côté, Facebook semble de moins en moins populaire si ce n’est que pour la promotion. Wendy est active sur plusieurs plateformes et questionne encore sa présence sur Facebook et Twitter. Tout au long de leur entretient, tant Matante Alex, Uma Gahd que Wendy Warhol ont venté les avantages d’Instagram. Uma Gahd reconnaît toutefois à Facebook l’accessibilité qu’elle peut avoir avec son auditoire, interagir avec eux. Comme la House of Laureen de laquelle elle fait parti est activement présente hors du village gai de Montréal, il lui est important d’assurer une présence accrue sur les médias sociaux de toutes les manières possibles. Pour Uma, Facebook est l’endroit où on peut se tenir à l’affût de ses dates de spectacles alors qu’Instagram sert essentiellement à promouvoir ses looks.

L’ascension des médias sociaux est fulgurante et pour quelqu’un qui commence, dont la réputation n’est pas aussi établie, peut trouver cela vertigineux. Dans tous les cas, pour Matante Alex, la gestion des médias sociaux doit demeurer quelque chose de plaisant, qu’il ne s’agisse pas d’une corvée. Il est important d’être sur les médias sociaux afin de garder une certaine image, connecter avec le public et diffuser son travail. La place des médias sociaux occupe un espace différent pour chacune. Chaque artiste a ses besoins, il ne faut pas juger son voisin en fonction de ses aspirations personnelles. La cadence à prendre lorsqu’on embarque dans la machine des médias sociaux n’est pas facile, il faut donc y aller à son rythme.

Évidemment, il y a des pièges à éviter. Il est facile d’y prendre goût et de sombrer, limite en devenir obsessif. Toutes les trois s’entendent pour dire d’éviter de se payer des followers. Comme Wendy le souligne, cela peut facilement discréditer tout le travail encouru. Selon Matante Alex, il faut avoir des contacts sincères avec ses abonnés. Pour sa part, Uma reconnaît l’avantage des médias sociaux, mais de ne pas l’aborder comme une finalité.

Bref, il faut savoir faire bon usage des médias sociaux. Pour Matante Alex, les médias sociaux servent à contrer le manque d’inspiration. Elle suggère d’oser, du publier sans avoir peur d’être jugé. Les gens adhèrent davantage quand ils peuvent suivre l’évolution d’un artiste, d’apprécier le chemin parcouru. Uma vous lance d’ailleurs l’invitation, de remonter le fil de ses publications Instagram et de voir l’évolution entre ses débuts et maintenant. Dans tous les cas, il faut proposer du contenu de qualité. Wendy Warhol rappelle de pas négliger l’aspect social : créer une relation avec son public. Il ne faut pas voir les médias sociaux simplement comme un concentré de publicités. Wendy entretient une étroite relation avec son fan base qui, pour sa part, lui reconnaît cette proximité.

 

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La représentativité des drags dans les médias

Depuis l’éclosion de RuPaul’s drag race ces dernières années, les drags arrivent à occuper une place plus importante hors des bars. Barbada est l’une de celle qui, dernièrement, a eu le plus la chance de représenter la communauté du drag dans les médias. Malgré sa notoriété locale, celle de la communauté LGBTQ+ et du village gai de Montréal, propulsé entre autres par sa participation au docu-réalité Ils de jour, elles de nuit et sa victoire à MX Fierté Canada, c’est surtout pour sa participation à L’heure du conte dans les bibliothèques municipales qui l’a notamment menée sur le plateau de 2 hommes en or aux côtés des animateurs Patrick Lagacé et Pierre-Yves Lord. Outre cette entrevue, Barbada a également participé à plusieurs projets dont un segment à l’émission Format familial, des participations à ICI Première ainsi que des collaborations aux podcasts du youtuber PL Cloutier. D’après les expériences médiatiques de Barbada, j’ai voulu approfondir avec elle ce qui, à son avis, encourage les médias à vouloir maintenant faire appel davantage aux drags.

Même si c’est la lecture de contes aux enfants qui a intéressée l’équipe derrière 2 hommes en or, Barbada demeure grandement impliqué dans des projets hors des bars. Elle anime notamment des mariages, des anniversaires et autres événements en contrats privés. Cet été, par un heureux concours de circonstance, Barbada a croisé la route de la sœur de Robert Lepage, ce qui lui a permis de se retrouver à travailler tout l’été aux Grands feux Loto-Québec.

Barbada est d’avis que c’est ce genre d’occasions qui vont permettre aux drags de s’illustrer dans les médias. Malheureusement, les spectacles à grand déploiement opérer par une drag-queen comme c’est souvent le cas au Cabaret Mado et au bar le Cocktail, ce n’est pas ce qui attire l’œil des médias. Le moment de l’année où les drags sont le plus mis de l’avant est lors de Fierté grâce, notamment, au spectacle-événement Illusion et la course capotée. Ayant réussie de s’extirper des bars, Barbada a su trouver une façon de s’illustrer en dévoilant l’art du drag sous un nouvel angle.

Mado, Jimmy Moore et Barbada sont parmi celles à s’être risquer à présenter un spectacle dans une grande salle, le Gèsu, pour ne pas la nommer. Michel Dorion a même déjà présenté un spectacle hommage à Céline Dion à la Cinquième salle de la Place-des-Arts. On peut compter également Rita Baga qui n’a jamais eu peur de voir grand. Il y a quelques étés, elle présentait un spectacle de personnification au Monument national dans le cadre du Zoofest. Il s’agit dans tous les cas d’occasions idéales pour attirer les médias. Dans ce même ordre d’idées, Rita Baga présentera un nouveau spectacle, Les reines de Noël, réunissant une pléiade de nos drag-queens locales, en tournée à Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau et Rouyn-Noranda du 5 au 16 décembre. Je souhaite ardemment qu’un projet aussi ambitieux qu’une comédie musicale écrite par une drag-queen, interprétée par des consœurs et qui accueille un band sur scène vienne attiser la curiosité des médias.

Il est vrai qu’il est dommage qu’on ne cherche pas davantage à démystifier l’art du drag dans sa forme primaire, d’où elle est née, mais qu’on s’attaque plutôt vers où elle s’en va. Dans l’œil du public, plus largement, cela causera une certaine incompréhension et viendra sans doute nourrir les préjugés. Lorsque le Journal de Montréal a relayé l’information selon laquelle une drag-queen allait faire la lecture de contes à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, les gens se sont mis à se ruer de commentaires désobligeants sans même jamais avoir assisté à la séance, mais surtout par préjugés stéréotypés faute de connaissances.

Une institution aussi importante que la BAnQ ne ferait pas appel à une drag-queen sans être en connaissance de cause. Barbada jouit d’une crédibilité du fait qu’elle soit enseignante au primaire et délégué syndical sous ses traits de « lui ». Au lieu de s’insurger face aux grands titres d’un média, le lecteur devrait aller plus loin et comprendrait mieux. Son parcours professionnel fait de Barbada une oratrice incroyable, capable d’articuler sa pensée, nuancer ses propos et s’exprimer fièrement. En ce sens, l’entrevue de Barbada a 2 hommes en or mérite qu’on y jette un œil.

Barbada n’est pas la seule drag-queen qui sache rendre justice à cet art de « l’ombre ». Grâce à ces personnes, l’art du drag trace tranquillement son chemin vers la lumière et bientôt, espérons-le, il ne sera tabou qu’envers ceux qui ne désirent véritablement aucune ouverture. D’ici là, il faut continuer à encourager nos drag-queens locales, et pas seulement lorsqu’elles sortent des bars. Il faut mentionner que tous ce qui fut énuméré précédemment n’est qu’à titre d’exemples et ne représente qu’un échantillonnage de tout ce qui est proposé.

 

Barbada sera de toute la tournée Les reines de Noël.

Elle anime tous les jeudis aux côtés de Gabry Elle la soirée Big, black and beautiful au bar Le Drague de Québec

Elle anime un samedi par mois Drôle de drags au bar le Cocktail.

 

Pour voir l’entrevue de Barbada à 2 hommes en or

Pour voir le segment de Barbada à Format familial

Pour voir les collaborations de Barbada aux podcasts de PL Cloutier

Pour suivre Barbada sur les médias sociaux : Facebook & Instagram

Pour en savoir davantage sur Barbada, visitez son site internet

Depuis l’éclosion de RuPaul’s drag race ces dernières années, les drags arrivent à occuper une place plus importante hors des bars. Barbada est l’une de celle qui, dernièrement, a eu le plus la chance de représenter la communauté du drag dans les médias. Malgré sa notoriété locale, celle de la communauté LGBTQ+ et du village… Lire la suite La représentativité des drags dans les médias

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Hors série |KINK: Au-delà du BDSM

La relation intrinsèque qui unie le BDSM (bondage, domination, sadisme, masochisme) au théâtre fut la porte d’entrée afin d’exploiter l’un par l’intermédiaire de l’autre. En effet, Pascale St-Onge et Frédéric Sasseville-Painchaud, eux-mêmes adeptes de ces pratiques sexuelles, ont vu en la notion de spectateur une niche vers laquelle se tourner afin de démystifier et détabouiser le BDSM. En effet, le BDSM n’existe pas sans consentement. À leurs yeux, le consentement au théâtre existe dès l’achat du billet. Grâce à leur création, KINK, présentée à l’Espace libre du 18 au 27 octobre, Pascale et Frédéric tentent de créer une ambiance en vase clos qui permet d’établir un lien entre ce que leur proposition scénique suggère et chacun des spectateurs dans la salle. Je vous invite à découvrir le compte-rendu de mon entretient avec Pascale et Frédéric sur leur approche unique pour parler du BDSM.

Il y a maintenant un peu plus de 3 ans, j’ai mis sur pied ce blogue afin de décortiquer l’art du drag. Cette tribune devint ma manière de mettre en lumière un univers connu, mais à la fois méconnu. Il s’agissait d’une manière de présenter une réalité pourtant bien établie, mais dont la représentation grand public repose essentiellement sur des idées préconçues et dépassées. Pascale et Frédéric ont trouvé grâce au théâtre une manière similaire de procéder afin de déconstruire les mentalités stéréotypées du BDSM à travers leur propre expérience. Le spectacle KINK se divise en trois temps. La première repose sur des épisodes vécues par nos deux protagonistes alors qu’ils s’initiaient aux plaisirs du BDSM. La seconde partie abonde en ce sens, mais est présenté davantage comme une suggestion afin de permettre aux spectateurs de se mettre en scène et de créer leur propre scénario. Le spectacle se conclut sur une version réinventée du classique Le petit chaperon rouge dans laquelle les rôles de pouvoir s’échangent entre le loup et le petit chaperon rouge.

Une telle initiative théâtrale ne peut exister sans de solides bases. L’essentiel de leur proposition artistique repose sur le lien de confiance qui doit s’installer entre eux et chacun des spectateurs. Cette connexion intime assure un climat de sécurité et de bienveillance de part et d’autre du quatrième mur.  Dans ce projet, le spectateur assure un rôle, sans doute le plus important : celui de voyeur. Le spectateur demeure donc actif. Non seulement l’objectif est de lui faire porter une réflexion sur sa propre vie sexuelle, mais également, de fil en aiguille, de le mettre suffisamment à l’aise pour le rendre participatif à l’action. En effet, tout au long du spectacle, le leitmotiv « veux-tu jouer avec moi ? » raisonnera. Les spectateurs auront lors de la représentation deux occasions pour se joindre à l’action. Leur implication s’axera surtout comme celle d’un dominant. L’optique n’est pas de mettre qui que ce soit mal à l’aise. Le spectateur demeure libre de ses choix. Ultimement, le but est d’en arriver à nommer son désir et non pas d’en avoir peur.

 

Et qu’en est-il du drag ?

Comme mon blogue porte sur les drag-queens, je ne pouvais pas passer à côté d’une petite comparaison entre l’art du drag et l’approche envers le spectateur de la pièce KINK puisque ceux-ci abordent d’étroits liens. Le drag est un art de l’émerveillement à travers lequel le spectateur joue un rôle crucial. Il est très important que ce dernier manifeste sa présence et sa satisfaction. De plus, il doit être ouvert à ce que l’action sur scène se transpose dans la salle puisqu’au final, il s’agit d’un immense terrain de jeu. Jusqu’où un spectateur a-t-il accordé son consentement en prenant place dans le public ? Il va de soit que la réalité des bars ne permet pas réellement d’établir un lien de confiance comme c’est le cas dans KINK.

Toutefois, le drag étant maintenant plus mainstream, les drag-queens sont appelées à sortir des bars pour faire des événements corporatifs, des mariages ou mêmes, des lectures de contes aux enfants. Dans ce contexte où l’on sort le personnage de son « milieu », ce n’est plus le spectateur qui doit apprivoiser la drag-queen, mais celle-ci qui doit apprivoiser le public. Cette inversion des rôles apporte une nuance dans la notion de consentement chez les drags. Barbada, par exemple, qui fait la lecture de contes à des enfants dans des bibliothèques municipales doit non seulement mettre en confiance les enfants, mais également les parents qui viennent assister, afin de déconstruire le mythe entourant son travail.

 

Dans un cas comme dans l’autre, il faut déboulonner les mythes. Chaque occasion est pertinente et s’inscrit dans un processus de conscientisation collective. La pièce KINK est une opportunité de découvrir le BDSM sous un autre jour, au-delà de l’iconographie véhiculée, à travers l’expérience personnelle des créateurs. Le spectacle est construit de manière à ce que le spectateur prenne conscience que, comme toute chose, il y a un éveil et que celui-ci n’arrive pas du jour au lendemain. Il y a un processus qui s’installe, puis petit à petit, on découvre. Ce processus se développe avec ses hauts et ses bas afin de connaître nos limites. Finalement, rappelons-le, il faut arriver à nommer son désir… mais surtout, de se respecter.

 

KINK – Présentée du 18 au 27 octobre à l’Espace libre

Visitez la page web de la pièce pour en connaître davantage sur le spectacle et la terminologie liée au BDSM.

La relation intrinsèque qui unie le BDSM (bondage, domination, sadisme, masochisme) au théâtre fut la porte d’entrée afin d’exploiter l’un par l’intermédiaire de l’autre. En effet, Pascale St-Onge et Frédéric Sasseville-Painchaud, eux-mêmes adeptes de ces pratiques sexuelles, ont vu en la notion de spectateur une niche vers laquelle se tourner afin de démystifier et détabouiser… Lire la suite Hors série |KINK: Au-delà du BDSM

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Hors série | L’ère Rita Baga

Le 7 septembre 2014, Rita Baga fut choisie afin de reprendre le flambeau des soirées du dimanche au Cabaret Mado suite au départ de Dream vers la vieille capitale. Le mandat était d’envergure puisque depuis les 8 années précédentes, le dimanche portait la signature de Dream. Rita Baga a rapidement imposé le ton qu’elle voulait donner aux dimanches : une soirée plus house durant laquelle les gens bougent et que le fun soit au rendez-vous. Bagalicious a connu certaines transformations au fil des ans afin de se raffiner davantage et de répondre aux attentes du public. Rita Baga cède désormais sa soirée à des collègues qu’elle estime, mais surtout des amies, soit Gisèle Lullaby, Tracy Trash et Marla Deer. Cette passation symbolise la confiance qui fut accordée à Rita Baga puisque, après 30 ans d’animation le mardi, dont 16 depuis l’ouverture du cabaret, Mado lui cède les reines de la soirée qui l’a vu naître. En moins d’une semaine, Rita Baga faisait le deuil de 4 années d’animation du dimanche et devenait l’emblème du renouveau avec la reprise de la formule du mardi. Je vous invite à revisiter le parcours de Rita Baga ces dernières années à travers mon œil afin de vous illustrer que l’ère Rita Baga est bel et bien réel.

Tout comme en télévision, il est difficile de faire perdurer un concept. Le public est nostalgique, en effet, mais se tanne rapidement. Il est important de renouveler l’offre pour le garder accrocher. La force de Rita lors de ses 4 années aux commandes du dimanche fut d’avoir été à l’écoute de son public et d’adapter sa soirée en fonction de ses goûts, sans toutefois dénaturer le style ni la formule. Le Cabaret Mado a enregistré un taux d’entrées avoisinant les 350 personnes dimanche dernier, démontrant certainement le succès qu’ a connu Bagalicious auprès du public.

Les 4 années où Rita Baga fut à l’animation du dimanche coïncidait avec l’éclosion de celle-ci un peu partout. Les projets ne cessaient de pleuvoir pour celle que l’on s’amuse à surnommer « l’enfant chérie du village ». Rita Baga a eu la chance d’être l’une des drag-queens séniors dans le cadre du docu-réalité Ils de jours, elles de nuit relayé sur ICI ARTV, d’animer le spectacle Drag superstars lors de la 1ère édition de Fierté Canada à Montréal, d’être la tête d’affiche du spectacle de clôture du méga T-Dance en 2016, de présenter le spectacle Stars – La nuit des sosies au Monument national dans le cadre du Zoofest, d’offrir un spectacle spécial pour la St-Valentin avec James Majesty, A bloody valetine, d’animer le spectacle Drag superstars – édition hivernale au cabaret du Casino de Montréal et de prendre part au spectacle de la mi-temps du spectacle Drag superstars aux côtés de Michel Dorion, Manny, Miss Butterfly et Franky Dee cette année lors de Fierté Montréal en plus d’avoir mis sur pied le plus gros concours de drags au Canada avec MX Fierté et d’avoir ressuscité le gala des drags dans une formule revampée en collaboration avec le bar le Cocktail… et j’en passe.

Toutes ces réalisations témoignent sans contredit que Rita Baga est l’une des grandes parmi les grandes. La décision de Mado de céder sa convoitée soirée du mardi à Rita Baga est loin d’être un pari risqué. Déjà la soirée d’hier où la passation de la clé du mardi s’est faite mettait la table sur l’ambiance qui va régner lors de ces soirées. Elle-même nostalgique, Rita Baga a profité de la popularité du mardi pour ramener des éléments qui ont faits les beaux jours à ses débuts dont le bar à shooter. Des nouveautés débarquent également, on peut penser au nouvel éclairage qui surplombe la salle, l’absence de tables pour conserver une ambiance plus festive, une équipe renouvelée à chaque semaine, des shooter girls invitées ainsi que des DJs de renoms dont certains n’ont jamais mis les pieds au Cabaret Mado ou même, dans le village. À son image, le public a été sollicité tant dans les suggestions pour donner une nouvelle touche à la soirée que pour le nom des nouveaux mardis. À ce propos, elle n’a pas encore trouvé la perle rare. Cette initiative a fait l’objet d’un concours sponsorisé sur la page du Cabaret Mado. Les suggestions qui s’y trouvent méritent un petit 5 minutes pour aller en faire la lecture histoire de rigoler un bon coup.

Je vous invite à suivre Rita Baga dans sa nouvelle aventure tous les mardis dès 22h45. Pour connaître ses autres projets, vous pouvez la suivre sur instagram et Facebook.

 

Le 7 septembre 2014, Rita Baga fut choisie afin de reprendre le flambeau des soirées du dimanche au Cabaret Mado suite au départ de Dream vers la vieille capitale. Le mandat était d’envergure puisque depuis les 8 années précédentes, le dimanche portait la signature de Dream. Rita Baga a rapidement imposé le ton qu’elle voulait… Lire la suite Hors série | L’ère Rita Baga

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MTL Queens

La couverture des activités LGBTQ+ dans son ensemble n’est pas très présente. De surcroît, le milieu du drag en souffre également. Certains médias tels que le Fugues et LGBT in the city l’abordent occasionnellement, mais n’en font pas une spécialité. Depuis près de deux ans, deux jeunes femmes ont développé MTL Queen : une page Facebook et un compte Instagram ayant pour mission de relater au quotidien tout ce qui se fait dans les principaux établissements qui présentent des spectacles de drag-queen, du District vidéo lounge au complexe Sky, en passant par le café Cléopâtre, le bar le Cocktail et le Cabaret Mado. Cette plateforme, très visuelle par son contenu photo et vidéo, s’inscrit comme un parfait complément à mon blogue. L’initiative de Bruna Florio et Daphnée Schryve est née après avoir cumulé très rapidement plusieurs vidéos. Leur projet est à l’image des comptes Twitter que les fans de RuPaul’s drag race alimentent, meublés d’extraits d’émissions, de gif et de photos. Bruna sortait déjà pour assister à Bagalicious quand son amie Zinc s’est inscrite à Drag-moi. Outre ce rendez-vous hebdomadaire auquel nos deux intéressées prenaient part, elles se donnaient rendez-vous également chaque jeudi à Deux folles en or que menaient Michel Dorion et Miss Butterfly. À cette époque, leur connaissance du milieu du drag ne se limitait qu’à ce que RuPaul’s drag race proposait. Depuis qu’elles ont lancé MTL Queens, leur perception du milieu a grandement cheminée. C’est cet aspect que j’ai voulu approfondir lors de notre entretient. Je vous invite à découvrir les conclusions qu’elles ont tirées depuis qu’elles ne sont plus que de simples spectatrices.

Comme pour une majorité de personnes qui ne fréquentent pas le village, la seule drag-queen qui arrive à faire écho auprès d’elle est Mado. Bruna et Daphnée n’en faisaient pas exception. Depuis qu’elles couvrent de plus près la scène drag, d’autres personnalités se sont révélées à elles telles que Rita Baga et Miss Butterfly. Depuis qu’elles sont en âge de sortir, la chose qui les a le plus accroché est l’univers du drag. Ainsi, tous les soirs, elles ratissent le village afin d’assister au plus de spectacles de drags qu’elles peuvent. MTL Queens est le prétexte qu’elles se sont donné afin de partager leur expérience au plus grand nombre de personnes.

Pour Bruna et Daphnée, ce projet n’est pas éphémère. Elles lui souhaitent une longue vie. Elles prévoient d’ailleurs décliner leur offre autrement, notamment sur Youtube par le biais de vlogues, dans les coulisses, ou encore un podcast, sous forme d’entrevues. Elles s’inspireraient de ce que Gisèle Lullaby a fait lors de la dernière saison de Drag-moi alors qu’elle filmait beaucoup de contenu et agrippait les drags au passage dans les coulisses. Elles feraient des vidéos afin de jeter un regard différent sur leur quotidien, leur style de vie, quand elles sortent dans les bars.

Les conclusions qu’elles retirent du milieu du drag n’est pas tant le manque de couverture, mais le manque de connaissance de l’utilisation des médias sociaux par les drags. Il y a plusieurs manières de s’y prendre pour attirer son lot d’abonnées, mais ce ne sont pas toutes les drags qui savent s’y prendre. Pour elles, la contrainte linguistique liée au français crée une barrière pour d’éventuelles ouvertures. À leurs yeux, Uma Gahd est la drag-queen qui englobe le mieux ces deux réalités : elle est anglophone, donc elle arrive à ratisser plus large, et son marketing sur les médias sociaux est au point. Bruna et Daphnée sont elles-mêmes anglophones, leur réseau social l’est tout autant. Elles affirment que leur intérêt pour les drag-queens locales est né grâce à RuPaul drag’s race. Il en va de même pour leurs amis. Or, ceux-ci sont principalement anglophones et ne sont en mesure d’apprécier autant la scène drag montréalaise.

Outre les difficultés liées à la langue, elles ont été ravies de constater la proximité que peut avoir le public avec les drag-queens ici. Même si elles sont du public, elles ont l’impression de faire partie de la famille. Elles ont été accueillies par le milieu. Il y a eu une véritable connexion entre elles et Miss Butterfly ainsi que Rita Baga qui sont devenues de véritables inspirations. Avant de fréquenter d’aussi près la scène drag à Montréal, pour elles, le look était l’élément le plus important. Depuis, elles sont d’avis que c’est surtout l’énergie. Certaines drag-queens ne sont pas ce qu’on appelle des drags à look, ou encore, abordent des styles différents, moins « standards », c’est pourquoi l’énergie qu’elles dégagent devient plus important.

Il s’agit d’un court aperçu d’un travail au quotidien que Bruna et Daphnée font. Je vous invite donc à aller voir leur travail en suivant leur page Facebook et leur compte Instagram… et par la bande, je vous invite vous aussi à aller encourager nos drag-queens locales. #SupportOurLocalQueens

La couverture des activités LGBTQ+ dans son ensemble n’est pas très présente. De surcroît, le milieu du drag en souffre également. Certains médias tels que le Fugues et LGBT in the city l’abordent occasionnellement, mais n’en font pas une spécialité. Depuis près de deux ans, deux jeunes femmes ont développé MTL Queen : une page Facebook et… Lire la suite MTL Queens

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L’alter ego

Le terme alter ego fait écho principalement, dans la culture populaire, à l’univers des super-héros où les Bruce Wayne, Clark Kent et autres du même acabit revêtissent leurs costumes pour sauver le monde. Toutefois, dans ce cas-ci, tant le personnage et l’alter ego sont une pure création de l’imaginaire d’un individu. Chez les drags, cet alter ego prend naissance chez la personne qui revêt les traits d’un personnage qu’elle a elle-même développée pour le transposer sur scène, comme une extension de soi. En fait, le terme alter ego se définit comme un « autre moi », ouvrant la voie pour un invidu à mener une vie parallèle à la sienne sous les traits de ce personnage. Pour approfondir la réflexion, je me suis entretenu avec Vee Valentine, une jeune drag-queen issue de la récente coorte de Drag-moi, Phoenix Vyxen, dont le perosnnage est particulièrement défini et qui performe dans le milieu depuis plus d’une décennie, ainsi que Wendy Warhol qui, depuis ses débuts, a revu à plusieurs reprises l’identité de son alter ego. Chacun à leur manière avait un point de vue intéressant à apporter sur la question de l’alter ego. Il faut mentionner qu’il n’y a pas de réponse définitive. Ce qui sera soulevé ultérieurement relève d’un point de vue personnel.

Au moment de débuter sa carrière de drag, Phoenix n’était pas étrangère au milieu. Pour elle, le motif principal était surtout une manière d’allier ses intérêts orientés vers la scène. Elle avait déjà un parcours en danse et en art dramatique qu’elle voulait continuer d’assouvir. L’opportunité de faire de la scène en tant que drag-queen s’est présentée à elle. C’est ainsi qu’elle donna naissance à son alter ego. Il faut avouer que le personnage de Phoenix est considéré comme étant plus en marge que ce qui fait habituellement. C’était pour elle une manière d’extérioriser ses « démons intérieurs». Même si dans sa vie de tous les jours, elle n’est pas une personne dite trash, son expression scénique l’est.

La carrière de Wendy Warhol s’était d’abord amorcée comme bio-queen. C’était une époque de sa vie où elle ne s’assumait pas comme tel. C’est alors qu’est né Justin Tinderfake, un drag-king, avec qui elle a fait un bout de chemin. C’est sous les traits de ce personnage qu’elle a brisé de nombreuses barrières, notamment comme seul drag-king à s’être rendu en semi-finale de MX Fierté Canada et premier drag-king salarié du Cabaret Mado. Or, il s’agissait d’un retour d’ascenseur pour Wendy qui, à ce moment, toujours avec l’identité de Justin, devenu Insanity entre temps, ne ressentait plus la motivation qui l’animait à ses débuts. Elle se sentait à nouveau imposteur, mais cette fois-ci, envers elle-même et ce qu’elle avait véritablement envie d’explorer d’un point de vue artistique.

Contrairement à ses premières identités, lorsque celle de Wendy est née, le concept était clair et les contours du personnage était déjà dessinés. Wendy est devenu l’expression bien personnelle de celle qui l’incarne sur scène des influences colorées et éclatées du Pop art. Wendy se considère comme une personne créative dont les occupations dans la vie personnelle ne rejoignent pas son côté créatif. Wendy s’est alors révélé comme porte d’entrée dans l’expression de sa créativité. Pour Wendy, la création est quelque chose d’important qu’il ne faut surtout pas refouler. Depuis l’acceptation de cette identité, les projets ne cessent de se succéder, les uns plus intéressants que les autres. Cela provient de la confiance que Wendy confère à celle qui l’incarne.Il y a entre l’être humain et le personnage un échange mutuel qui sert tant l’un dans la vie de tous les jours que l’autre dans ses projets, sa création et ses performances. Wendy qualifie cela comme un « échappatoire avec un contrôle », c’est-à-dire une drogue qui nous enivre pour sur laquelle on arrive à maintenir le dessus.
Pour sa part, Vee Valentine aborde la drag comme « une manière de vivre les réalités physiques et émotionnelles» qui ne lui sont pas accessibles socialement lorsque perçu comme un homme. Sa réflexion va au-delà de l’émancipation artistique. Pour elle, « les dynamiques interpersonnelles de tous les jours sont fortement imprégnées par la sexualité », c’est-à-dire que lorsque la nôtre est située à l’extérieur de la norme, « il est facile de se retrouver dans une position où l’on ne peut s’exprimer de manière adéquate ». Il va de soi que dans un tel contexte, « la métamorphose physique et le jeu de perception qui en découle ouvrent une porte » où tout l’aspect lié aux drag-queens entre en ligne de compte puisqu’il célèbre les attributs qui chez l’homme efféminé causent malaise.

C’est ayant en tête l’ensemble de ce qui fut élaboré précédemment que Vee Valentine a pris part à Drag-moi. Le concours lui a fait prendre conscience de l’importance des connexions organiques à la base du contenu artistique. Pour elle, l’identité et la santé mentale à travers les œuvres artistiques sont primordiales tant sur scène que dans leur représentations sur les les médias sociaux. «Le fait de vivre à l’extérieur de la norme sociale nous pousse souvent à remettre en question notre genre, notre sexualité, et notre raison d’être», c’est ainsi pour elle qu’ en tant que communauté LGBTQ+, « il est de notre devoir de nous supporter les uns les autres afin que chacun ait l’opportunité d’exprimer ses anxiétés et de retrouver sa personne à travers les caractéristiques qu’elle ou il partage avec les autres ». Dans ce contexte, la notion de l’alter ego prend une proportion plus large que la simple extension de soi. L’alter ego relèverait davantage de quelque chose de collectif pour lequel tous et chacun aurait un rôle à jouer.

Comme il le fut mentionné précédemment, l’alter ego est encore une notion incomplète. Chacun en fait l’interprétation qu’il veut puisque le personnage qui naît ne soi n’a d’autre maître que nous-même. Il ne répond qu’au profil que nous lui dessinons. Toutefois, s’il y a une chose de certaine est que ces personnages méritent la notoriété qu’ils n’ont malheureusement pas toujours. L’alter ego est l’élément qui mène sans doute le drag au-delà de la simple expression de l’art puisque ce personnage qui est incarné ne disparaîtra jamais, il est l’extension de nous-même.

Le terme alter ego fait écho principalement, dans la culture populaire, à l'univers des super-héros où les Bruce Wayne, Clark Kent et autres du même acabit revêtissent leurs costumes pour sauver le monde. Toutefois, dans ce cas-ci, tant le personnage et l'alter ego sont une pure création de l'imaginaire d'un individu. Chez les drags, cet… Lire la suite L’alter ego

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Hors série | En mode drag – 3ème anniversaire: Vu de l’intérieur, ce qu’elles disent

Depuis mes tout débuts dans le milieu -et ce, même si je suis encore très nouvelle- Philippe a été d’une grande générosité envers moi. Tant sur son site que par ses médias sociaux en passant par sa soirée En Mode Drag se met en mode drague, je me suis fait offrir une place pour parler de mon art, de comment je le vois maintenant et où je veux l’amener.

En tant que seule plateforme 100% dédiée au monde de la drag à Montréal (voire au Québec !), je suis heureuse de voir à quel point Philippe donne de son temps pour offrir de la couverture médiatique aux drags. Bien que notre monde devienne de plus en plus mainstream (merci RPDR), il est toujours important, pour le public, de se rappeler que les drags locales sont tout aussi -sinon plus- importantes.

Finalement, ce que j’aime d’En Mode Drag c’est la diversité du contenu. Des dossiers complets en passant par les critiques de spectacles ou encore les discussions, il y en a pour tous les goûts !

Longue vie à En Mode Drag et bravo pour tout, Philippe!

– Wendy Warhol

 

J’aime beaucoup lire les articles de En mode drag particulièrement les comptes rendus des deux éditions de MX. Philippe est très dévoué et attentif dans le milieu de la drag montréalaise. Les commentaires sont pertinents et mettent toujours en valeur les forces de chaque artiste !

– Sandy Hart

 

Ce blog arrive à point, où le besoin de faire connaître les différents envers de décors, de production, de processus de création ont envie de se montrer au grand jour. Combien de fois, des étudiants sont venus nous voir pour faire un reportage/travail sur notre univers. Bien maintenant avec En Mode Drag, c’est en continu, presque en direct!

Un œil extérieur sur les métiers qui entourent les drags, un regard, un commentaire critique qui devient de plus en plus aiguisé au fil du temps. Une présence qui vient valider le travail fait sur scène et derrière scène, pour démontrer au public et aux intéressés, les passions et tout le travail qui sont impliqués dans un spectacle Drag avec ses hauts et ses bas.

Ce blog est représentatif d’une réalité, de notre réalité qui, j’espère aide à ouvrir les esprits, démystifie le métier, combat les préjugés, trace un portrait humain de ce qui se passe dans le monde de la drag.

Il n’y a jamais eu, à ma connaissance, en près de 20ans de carrière, une personne qui par sa présence soutenue et impliquée, fait des comptes rendus régulièrement sur notre monde. Il n’y a jamais eu de publications sérieuses et plus intimes sur le métier et ce qui l’entoure.

Donc voilà pourquoi, à mon avis, que le bloque En Mode Drag est important pour la communauté drag mais, surtout à ceux qui en démontre un curieux intérêt, et ceux aussi qui voudrait en faire partie. C’est une bonne façon d’avoir accès facilement, de manière virtuelle, à tout de ce que cet univers fascinant est comme métier et tout çà, à partir d’une simple tablette ou de son cellulaire.

Le monde de la drag au bout de ses doigts!

– Érica

 

Philippe a mis sur pied un blogue qui permet une belle vitrine pour les drags. Il s’agit d’une bonne ressource pour le public pour en apprendre un peu plus sur nous. Durant les concours MX Fierté Canada Pride et MX Fierté Montréal, ces comptes rendus furent très utiles afin de suivre  « à distance » la compétition.

– Rita Baga

Depuis mes tout débuts dans le milieu -et ce, même si je suis encore très nouvelle- Philippe a été d'une grande générosité envers moi. Tant sur son site que par ses médias sociaux en passant par sa soirée En Mode Drag se met en mode drague, je me suis fait offrir une place pour parler… Lire la suite Hors série | En mode drag – 3ème anniversaire: Vu de l’intérieur, ce qu’elles disent